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Syrie: Hollande doit désormais attendre la décision d'Obama

Les éditorialistes jugent lundi matin François Hollande "piégé", après que Barack Obama a décidé de soumettre la décision d'une intervention en Syrie au vote du Congrès.

Les éditorialistes jugent lundi matin François Hollande "piégé", après que Barack Obama a décidé de soumettre la décision d'une intervention en Syrie au vote du Congrès. - -

REVUE DE PRESSE - Le président américain a décidé de soumettre la décision d'une intervention en Syrie au vote du Congrès. Le chef de l'Etat français se retrouve ainsi "piégé" ou "tout seul" estiment ce lundi matin les éditorialistes.

"La pression monte déjà sur l'exécutif", estimait ce dimanche Bruno Jeudy dans Le JDD. En ligne de mire: la décision de Barack Obama d'attendre le vote du Congrès sur la possibilité d'une intervention en Syrie, le 9 septembre, retardant d'autant toute action sur le terrain, quelques jours seulement après le rejet par les parlementaires britanniques de la motion de David Cameron sur le sujet. "Hollande devra prendre ses responsabilités", écrit l'éditorialiste de l'hebdomadaire, affirmant que la convocation du Parlement français, sans vote, ne sera qu'une "discussion pour la galerie".

Car le président français se retrouve "piégé", s'accordent à dire les éditorialistes ce lundi dans la presse. "Comme Barack Obama, François Hollande est pris dans un tourbillon d'événements incontrôlés", écrit Pierre Rousselin dans Le Figaro, mais surtout, pour l'éditorialiste du quotidien libéral, le chef de l'Etat est "piégé sur le front interne et bien isolé sur le front extérieur", alors que de nombreuses voix (François Fillon, François Bayrou, Jean-Vincent Placé...) réclament un vote avant toute intervention française en Syrie.

Ce lundi, Jean-Marc Ayrault reçoit à Matignon les principaux responsables du Parlement (les présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale, les chefs de groupes politiques ainsique que les présidents des commissions de la Défense et des Affaires étrangères des deux chambres) pour s'entretenir de la situation en Syrie.

"Le piège s'est refermé"

Pour François Sergent de Libération, "Hollande peine à justifier la guerre". Et si "le Président, dans la constitution monarchique de la Ve République, a tout pouvoir pour faire la guerre", relève-t-il, "peut-il aujourd'hui être le seul chef d'Etat à user de la force sans un vote de la représentation nationale, sans même un discours ?"

"Le piège s'est refermé pour ces responsables occidentaux qui s'étaient avancés très vite en annonçant leur volonté de punir Damas qui aurait fait usage de gaz mortels", constate Dominique Quinio dans La Croix.

"À force de jouer les va-t-en-guerre pour se refaire une virginité dans les sondages, François Hollande a pris un gros risque. Celui de se retrouver tout seul face au tyran syrien" reconnaît Yann Marec dans Midi Libre.

"Soucieux de sauver la face"

Pour certains éditorialistes, cette situation a des répercussions sur la politique intérieure française. "Coincé par le recul surprise de Barack Obama, François Hollande se retrouve face à une opinion publique nettement hostile à une intervention et à des ténors de droite (et de gauche) qui surfent sur ce refus populaire", juge Hervé Cannet dans La Nouvelle République.

Un point de vue partagé par Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne pour qui, "la valse-hésitation des Occidentaux dans l'affaire syrienne exacerbe les clivages intérieurs aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en France".

Dans Les Echos, Cécile Cornudet pense que "soucieux de sauver la face, l'exécutif maintient ses ambitions et refuse de demander un vote au Parlement, comme l'ont fait ses alliés". Selon elle, "c'est aussi une position à contre-emploi".

Enfin, avec la défection des Britanniques et le recul des Etats-Unis, Philippe Waucampt dans Le Républicain lorrain estime amèrement que le président français est désormais "dans le rôle du cocu magnifique".

V.D. avec AFP