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Rencontre avec un pilote français ayant participé aux frappes en Syrie

BFMTV a pu rencontrer l'un des pilotes français ayant participé à l'opération Hamilton, menée par les forces occidentales en Syrie.

BFMTV a pu rencontrer l'un des pilotes français ayant participé à l'opération Hamilton, menée par les forces occidentales en Syrie. - BFMTV

Aux commandes de son Rafale, il est intervenu samedi en Syrie dans le cadre de l'opération Hamilton, pour détruire des objectifs du régime de Bachar al-Assad. BFMTV a pu rencontrer un pilote français qui a participé aux frappes menées conjointement par la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Samedi, ils étaient en Syrie pour frapper des cibles du régime de Bachar al-Assad, dans le cadre de l'opération Hamilton, menée par la France, les Etats-Unis, et le Royaume-Uni. Une intervention militaire pour laquelle la France, qui a tiré douze missiles de croisière, a notamment engagé cinq frégates, mais aussi cinq Rafale et quatre Mirage.

Aujourd'hui, les pilotes français ayant participé à cette mission ponctuelle sont revenus en France. BFMTV a pu rencontrer l'un d'entre eux, sur la base militaire de Saint-Dizier, en Haute-Marne. 

"Il y un stress dont nous avons tous conscience"

Les militaires de la base se tenaient prêts pour un éventuel feu vert pour une intervention. Lorsque l'opération Hamilton a été déclenchée, dans la nuit de vendredi à samedi, le lieutenant-colonel Frédéric était ainsi en alerte depuis plusieurs jours, prêt à décoller pour aller frapper en Syrie.

"On met en route les moteurs, on vérifie l'armement jusqu'au décollage. Il y a une certaine pression, un stress, dont nous avons tous conscience", explique-t-il au micro de BFMTV, pour raconter les minutes qui précèdent le départ.

Une mission risquée

A bord de son Rafale, le pilote entame une mission risquée, rythmée par des impératifs techniques et humains. "Il y a des phases de ravitaillement en vol. On va faire le plein, on s'alimente, on s'hydrate. On est surtout à l'écoute de l'environnement", détaille le lieutenant-colonel.

Dans le cockpit, la concentration du pilote est maximale. Quatre heures et demi après son décollage, il entre dans la zone de tir. Et largue les missiles.

"Ca se fait en appuyant sur un bouton dans l'avion. On sent le départ du missile, puisqu'il est quand même assez lourd et qu'au moment où il s'en va, l'aile s'allège. On sent une petite turbulence", raconte le lieutenant-colonel Frédéric.

Une opération hors-normes 

Lorsque la cible au sol est atteinte, le pilote et son Rafale sont déjà loin. "C'est une mission compliquée, au niveau politico-militaire. Donc quand on est tous posés, il y a un petit moment où on relâche un peu la pression et on réalise le vol que l'on vient de faire", confie le militaire à BFMTV.

Cette opération, qui a mobilisé au total 17 avions français, dont cinq Rafale, pendant plus de dix heures. Il s'agit de l'un des vols les plus longs jamais opérés par un pilote de l'armée de l'air française. 

Dimanche soir, lors de son interview sur BFMTV, Emmanuel Macron a affirmé que l'opération française en Syrie, menée aux côtés de Londres et Washington, a été "parfaitement conduite" et "réussie"

A.S. avec Amélie Rosique et Stéphane Beaugeard