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Palmyre: une base aérienne et les renseignements militaires aux mains de Daesh

Vue générale de la ville de Palmyre, en Syrie, tombée aux mains de Daesh le 21 mai.

Vue générale de la ville de Palmyre, en Syrie, tombée aux mains de Daesh le 21 mai. - Sana - AFP

En s'emparant de Palmyre, en Syrie, les jihadistes de Daesh mettent non seulement la main sur un site antique à la valeur inestimable, mais aussi sur une ville à l'emplacement hautement stratégique, abritant plusieurs institutions importantes.

La prise de Palmyre représente une victoire hautement symbolique et stratégique pour l'Etat islamique (EI). En s'emparant de cette oasis qui ouvre sur le grand désert syrien frontalier de l'Irak, les jihadistes, qui contrôlent la totalité de la ville depuis ce jeudi matin, se rendent désormais maîtres de la moitié du territoire de la Syrie.

Contrôle du bâtiment des renseignements militaires

Au terme de huit jours de combat, le groupe de combattants jihadistes a revendiqué la prise totale de la ville, face à la défection des forces de Bachar al-Assad, qui ont fui la zone.

Ce départ des troupes du régime syrien, qui ont tout abandonné sur place, a permis à l'EI de s'emparer, en plus du célèbre site archéologique de Palmyre, dont la destruction est désormais redoutée, de plusieurs sites stratégiques situés dans la ville, notamment la base aérienne, mais aussi des bâtiments des services de renseignement militaire du régime, ou encore la prison de Palmyre, la plus grande et l'une des plus tristement célèbres du Proche-Orient.

La prise de cette maison d'arrêt, où des centaines de détenus ont été massacrés par des forces du régime de Hafez al-Assad, le père de Bachar, dans les années 80, a une portée très emblématique. Pour la plupart des Syriens, elle était en effet le symbole de la terreur du pouvoir. Au cours des derniers jours, le régime, sentant la chute de la ville arriver, a transporté les détenus, en majorité des insoumis et des déserteurs, vers d'autres prisons, selon l'OSDH.

L'aéroport militaire dont se sont emparés les jihadistes servait quant à lui de base arrière aux dernières forces de Bachar al-Assad résistant encore à l'EI dans la province de Deir ez-Zor, située le long de la frontière irakienne. Cette infrastructure pourrait notamment aider Daesh à relier d'autres bases aériennes, notamment si des avions y ont été abandonnés.

Les jihadistes ont également planté leur drapeau noir sur le siège des services de renseignement militaire, chargés de couvrir toute la Badiya, le désert syrien.

50% de la Syrie aux mains des jihadistes

Avec la prise de Palmyre, particulièrement stratégique puisqu'elle ouvre sur le grand désert syrien frontalier de l'Irak, l'EI contrôle "désormais plus de 95.000 km2 en Syrie, soit 50% du territoire du pays", selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). 

Depuis le début de l'offensive de l'EI le 13 mai, la bataille dans Palmyre et ses environs a fait au moins 462 morts selon un bilan de l'OSDH -71 civils, dont de nombreux exécutés par l'EI, 241 membres des forces du régime et 150 jihadistes.

En outre, le groupe est désormais maître de la quasi-totalité des champs pétroliers et gaziers de Syrie après la prise de deux champs gaziers près de Palmyre. Le régime ne détient plus que le champ de Chaer dans la province de Homs, tandis que les forces kurdes contrôlent des champs dans le nord-est.

Adrienne Sigel, avec AFP