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Syrie: "Nous savons déjà qu'il y a des destructions" à Palmyre, selon l'Unesco

Palmyre, inscrite par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité, est tombée aux mains de l'Etat islamique. La directrice de l'Unesco se dit "extrêmement inquiète".

Palmyre, cité antique du désert syrien inscrite au patrimoine mondial de l'humanité, tombée jeudi aux mains des jihadistes de l'État islamique (EI), est réputée pour ses colonnades torsadées romaines, ses temples, ses tours funéraires vestiges d'un brillant passé. Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco, a exprimé ses vives inquiétudes ce jeudi sur BFMTV.

Pourquoi êtes-vous inquiète?

"Je suis extrêmement inquiète parce que nous avons malheureusement déjà vu la destruction de sites du patrimoine mondial, des sites d’une valeur universelle exceptionnelle à Nimroud, à Adra… Nous avons vu le pillage du musée de Mossoul... Palmyre est un joyau, c’est la "Venise du sable", comme disent les experts. Nous sommes très préoccupés par les actions militaires et une éventuelle destruction de ce site magnifique."

Que faire pour protéger ces vestiges?

"Dès le début du conflit en Syrie - parce que malheureusement nous avons vu, depuis trois ans, Palmyre convertie en camp militaire -, nous avons rappelé plusieurs fois que les sites du patrimoine mondial ne peuvent pas être considérés comme des camps militaires. 

Aujourd’hui, tout ce qui se passe est très dangereux. Nous savons déjà qu’il y a des destructions, il y a des colonnes qui sont tombées. Il y a eu un bombardement. Nous n’avons pas toute l’information, mais tout ce que nous voyons dans la presse et ce que nous disent les experts est très inquiétant."

La destruction est-elle inéluctable?

"Je lance encore un appel à toutes les parties prenantes pour arrêter le combat autour du site de Palmyre. C’est un site qui, non seulement est d’une beauté extraordinaire, mais il contient aussi des valeurs exceptionnelles, (…) de culture et d’architecture.

C’était le lien entre l’ouest et l’est, entre la Méditerranée, l’empire perse, et le monde arabe. Tout ce que nous pouvons faire aujourd’hui, c’est vraiment de lancer des appels. Je crois aussi qu’il faut repenser toute la stratégie de la réponse au conflit syrien et tenir compte de ce patrimoine exceptionnel qui se trouve sur les terres syriennes et en Irak."

A. D.