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Kalachnikov à la main, Omar Omsen recrute des Français pour Al-Qaïda

Omar Omsen dans une vidéo diffusée par Al-Jazeera, en novembre 2014.

Omar Omsen dans une vidéo diffusée par Al-Jazeera, en novembre 2014. - BFMTV

Une journaliste de RMC a pu s'entretenir longtemps, par Skype, avec l'un des principaux recruteurs d'Al-Qaïda en Syrie, Omar Omsen. Ce Français originaire de Nice et âgé de 39 ans a fait venir sur place des dizaines de recrues françaises.

C'est un document rare. Une journaliste de RMC a réussi à s'entretenir pendant près de deux heures avec l'un des principaux recruteurs français d'Al-Qaïda en Syrie. Omar Omsen, c'est son nom, est aujourd'hui à la tête d'un groupe de combattants sur place. Originaire de Nice, l'homme de 39 ans est bien connu des services de renseignement français, et a réussi à faire venir en Syrie des dizaines de recrues françaises, notamment des Niçois.

Radicalisé en prison

Turban noir sur la tête, kalachnikov à la main, Omar Omsen s'est exprimé pour la première fois à visage découvert dans une vidéo diffusée le 30 novembre dernier par Al-Jazeera. Céline Martelet, journaliste à RMC, a réussi à joindre et interviewer longuement par Skype cet homme, souvent décrit comme le principal recruteur de jihadistes français en Syrie.

Ce Niçois a été condamné à cinq ans de prison pour un meurtre lié à un règlement de comptes dans les années 90. Il se serait radicalisé à sa sortie de détention. Il diffuse alors de longs films de propagande pour appeler à prendre les armes, en Syrie ou en Irak. A leur arrivée sur place, ces recrues intègrent des camps d’entraînement.

"La personne fait d'abord un entraînement. Ensuite, il y a l'entraînement militaire", explique Omar Omsen. "Une fois qu'elle a passé plusieurs semaines dans ces camps, on lui met des armes dans les mains, on lui apprend à combattre. Quand ils sont aguerris et commencent à être des bons combattants, ils sont envoyés au front", poursuit-il.

A la tête d'un groupe de combattants

Où se trouve Omar Omsen en Syrie? "Il n'a pas voulu me dire où il est, mais il se trouve probablement dans une ville située non loin de la frontière turque", rapporte Céline Martelet. "Il n'est pas du tout avec l'Etat islamique, il appartient et répond au commandement d'Al-Qaïda. Il se définit d'ailleurs comme un émir d'Al-Qaïda, qui a une katiba (un bataillon de combattants, NDLR)".

Dans ce groupe, plusieurs dizaines de jeunes. Des Français, principalement, mais aussi des Tunisiens et des Marocains. Une fois entraînés, ils sont envoyés au combat contre les troupes de Bachar Al-Assad. Sous l'emprise d'Omar Omsen, ces jeunes se retrouvent coincés dans l'enfer syrien. "S'il veut rentrer parce qu'il en a marre, que c'est difficile, que la famille lui manque, que le cinéma lui manque, on va lui rappeler ce qu'Allah a dit", explique le recruteur français. "S'il reste ferme et dit 'je n'en peux plus', alors on le laisse rentrer et on se désavoue de son acte", poursuit Omar Omsen. "Désavouer quelqu'un est un mot extrêmement fort", analyse Céline Martelet. "On est là dans une communauté, c'est finalement comme le renier. C'est comme si un père reniait son fils.

Les mots d’Omar Omsen sont d’une rare violence quand il évoque les attentats contre Charlie Hebdo. Le Niçois dit ne pas avoir pour but d’organiser des attentats en France. Un mandat d'arrêt international a été émis à son encontre par Paris, il y a un an. 

A.S. avec Céline Martelet, Pauline Thuillot, Alexis Cuvillier