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Frappes en Syrie: "C'est sympathique mais ça ne changera rien", critique Longuet

L'ancien ministre de la Défense, invité de BFMTV ce lundi soir, a commenté l'annonce de François Hollande, réalisée ce lundi matin, sur les possibles frappes aériennes françaises qui pourraient être menées contre le groupuscule de l'Etat islamique en Syrie.

La voie est désormais ouverte. François Hollande a laissé entendre ce lundi que des frappes aériennes françaises contre le groupe État islamique pourraient avoir lieu en Syrie, près d'un an après avoir débuté des opérations similaires dans l'Irak voisin. Une annonce qui va concrétiser dans un premier temps, ce mardi, par des vols de reconnaissance.

"C'est sympathique mais ça ne change strictement rien", a critiqué quelques heures plus tard Gérard Longuet, invité ce lundi soir de BFMTV.

Au sujet des vols d'observation, "les Etats-Unis font absolument tout ce qu'il faut et nous pouvons les suivre", a commenté dans un premier temps l'ancien ministre de la Défense. Avant de poursuivre: "des frappes aériennes françaises, ça montre qu'on va en Syrie et ce n'est pas négligeable, mais ça ne changera rien contre le terrorisme en Europe", a estimé celui qui également sénateur Les Républicains de la Meuse.

Comment la France pourrait-elle faire plus?

La France devrait-elle aller plus loin, et intervenir avec des troupes au sol? A cette question, François Hollande a rétorqué en début de journée qu'une telle initiative serait "conséquente". Un point de vue un tant soit peu partagé par Gérard Longuet, qui demande toutefois à l'actuel chef de l'Etat d'aller plus loin.

"Il oublie de rappeler que la France a une responsabilité toute particulière, en étant membre permanent du conseil de sécurité des Nations unies", a-t-il nuancé. "La bataille que nous demandons de livrer ce n'est pas d'être chef de guerre, c'est d'obtenir qu'une décision soit prise de la part du conseil de sécurité. Mettre en place une résolution qui permette d'intervenir."

"On ne peut pas prendre de décisions sans les Américains" ni "contre les Russes", a-t-il également souligné à ce sujet.

Préserver "une autonomie d'action et de décision"

François Hollande a annoncé que des vols de reconnaissance au-dessus de la Syrie débuteraient dès mardi et que le Parlement serait consulté sur ce sujet. Ces vols de reconnaissance "permettront d'envisager des frappes contre Daech, en préservant notre autonomie d'action et de décision", a-t-il expliqué. Mais il a écarté tout envoi de troupes aux sol, estimant que ce serait "inconséquent et irréaliste".

Le chef de l'État a également semblé plus conciliant qu'à l'accoutumée avec la Russie, acteur clé du conflit syrien, se disant prêt à plaider pour la levée des sanctions frappant Moscou en cas de progrès significatifs dans le dossier ukrainien. Une réunion entre la France, la Russie et l'Allemagne aura lieu avant l'Assemblée générale des Nations Unies fin septembre.

Jé. M.