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Qatar: des accusations récurrentes de "soutien au terrorisme"

Des gratte-ciels de Doha, le 24 novembre 2015

Des gratte-ciels de Doha, le 24 novembre 2015 - STRINGER, AFP/Archives

Plusieurs pays arabes ont rompu leurs relations lundi avec le Qatar. L'émirat fait face à des soupçons réguliers de laxisme dans la lutte contre le financement du terrorisme.

C'est une petite musique qui revient régulièrement. Celle d'un émirat qui serait trop léger à l'égard du financement du terrorisme. Des accusations que le Qatar réfute régulièrement. Cette fois, c'est l'Arabie saoudite et ses alliés qui ont rompu lundi avec l'émirat qu'ils accusent de soutenir le "terrorisme", provoquant une crise diplomatique majeure au Moyen-Orient.

Depuis la montée en puissance du pays sur les scènes régionale et internationale à la fin des années 1990, ce riche émirat gazier, allié des Etats-Unis, a encouragé des courants islamistes, qu'il a soutenus directement ou indirectement dans les pays du Printemps arabe.

Le Qatar est ainsi considéré comme l'un des principaux bailleurs de fonds des Frères musulmans en Egypte et des groupes proches de cette confrérie dans les pays voisins (notamment en Syrie, en Libye et en Tunisie).

"Pire dans la région", selon une note de Washington 

Le pays a soutenu avec force l'ancien président égyptien Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, et a qualifié de "coup d'Etat" son éviction par Abdel Fattah al-Sissi en 2013. Après neuf mois de crise diplomatique, il a accepté, sous la pression des autres monarchies du Golfe, de tempérer formellement les critiques contre Sissi mais sans jamais les arrêter.

Ainsi, le Qatar est régulièrement soupçonné de laxisme dans la lutte contre le financement par des fonds privés d'organisations "terroristes", des accusations qu'il réfute fermement.

En 2010, une note diplomatique américaine, dévoilée par Wikileaks, qualifie le Qatar de "pire dans la région" en ce qui concerne la coopération avec Washington pour tarir le financement des groupes extrémistes. Ce pays a une approche "largement passive" et ses services de sécurité "ont été hésitants à agir contre des terroristes connus", de peur d'apparaître trop proches des Etats-Unis, poursuit cette note datant de 2009.

Après l'attentat contre Charlie Hebdo à Paris en janvier 2015, plusieurs responsables politiques français pointent du doigt la diplomatie de ce grand allié.

"L'idée selon laquelle le Qatar financerait ou soutiendrait d'une quelconque manière des terroristes et le terrorisme semble être devenue un présupposé communément admis au sein du débat sur l'extrémisme en Europe", regrette l'ambassadeur du Qatar à Paris qui met en avant les lois anti-blanchiment adoptées dans le pays. Insuffisant pour l'instant à faire taire les critiques. 

Ivan Valerio, avec AFP