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Israël: le père du bébé brûlé vif a succombé à ses blessures

La mort d'un bébé palestinien, brûlé vif, avait provoqué un regain de tensions entre Palestiniens et Israéliens.

La mort d'un bébé palestinien, brûlé vif, avait provoqué un regain de tensions entre Palestiniens et Israéliens. - Thomas Coex / AFP

Saad Dawabcheh, le père du bébé palestinien brûlé vif il y a une semaine par des extrémistes juifs, a succombé à ses blessures dans l'hôpital israélien où il avait été admis, a annoncé samedi un responsable palestinien. La famille Dawabcheh à Douma a confirmé ce décès.

Ghassan Daghlas, responsable au sein de l'Autorité palestinienne pour le nord de la Cisjordanie occupée où se trouve Douma, le village où la maison de la famille Dawabcheh a été incendiée, a ajouté qu'autorités palestiniennes et israéliennes étaient en contact pour organiser le transfert de son corps pour des funérailles prévues dans la journée. 

Des funérailles à Naplouse

"Saad Dawabcheh est mort et des préparatifs sont en cours pour tenir ses funérailles à Naplouse", la grande ville proche de Douma, a affirmé à l'AFP le responsable.

Pris en charge depuis le 31 juillet dans un hôpital israélien, Saad Dawabchech avait été gravement brûlé dans l'incendie de sa maison dans laquelle il vivait avec sa femme et ses deux enfants. Des hommes masqués avaient attaqué cette habitation en lançant des cocktails Molotov à l'intérieur par les fenêtres, laissées ouvertes en raison de la chaleur.

"Le prix à payer"

Le père de famille, sa femme, Riham, ainsi que leur petit garçon, Ahmed, âgé de 4 ans avaient pu être secourus.Toujours hospitalisés, la mère, entièrement recouverte de brûlures au troisième degré se trouve toujours entre la vie et la mort, tandis que l'enfant aurait montré des signes positifs de rétablissement, selon des médias locaux. 

Le deuxième fils du couple, Ali, âgé lui de seulement 18 mois, avait péri dans cette attaque. Cette dernière provoquée par des colons juifs avait entraîné un regain de tensions. Les Palestiniens dénonçant le laxisme dont ferait part l'Etat hébreu à l'égard des extrémistes juifs. Car sur les murs noircis de la petite habitation de la famille Dawabchech, les mots "Vengeance" et "Le prix à payer" ont été inscrits. La signature habituelle des colons et activistes de l'extrême-droite israélienne.

"Acte de terrorisme"

Au lendemain de cette attaque, le gouvernement israélien avait utilisé des mots d'une rare fermeté à l'égard des coupables. "C'est un acte de terrorisme en tout point", avait déclaré Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien. Pour la première fois, il a demandé le placement d'un extrémiste juif sous le régime de la détention administrative.

Les autorités ont arrêté Meïr Ettinger, jeune figure extrémiste soupçonné d'être l'un des inspirateurs des récentes violences de l'extrémisme juif. Car si l'attaque de Douma a provoqué un tel émoi en Israël, c'est aussi parce qu'elle a eu lieu au lendemain d'une autre attaque menée par un extrémiste juif qui s'est rué sur le cortège de la Gay Pride à Jérusalem, tuant une adolescente et blessant cinq autres personnes à coups de couteau. Deux autres jeunes ont été arrêtés après l'attaque de Douma.

Une réaction insuffisante pour les autorités palestiniennes qui avaient indiqué vouloir porter ses crimes "de guerre" devant la Cour pénale internationale. Samedi, un responsable palestinien a affirmé que le corps du père du bébé brûlé vif serait autopsié avant d'être inhumé, pour apporter de nouvelles preuves au tribunal de La Haye.

la rédaction avec AFP