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Le procès de l'adolescente palestinienne Ahed Tamimi se déroulera à huis clos

Ahed Tamimi arrive pour le début de son procès à la prison militaire d'Ofer, à Betunia, le 13 février 2018.

Ahed Tamimi arrive pour le début de son procès à la prison militaire d'Ofer, à Betunia, le 13 février 2018. - Thomas Coex - AFP

La jeune fille de 17 ans avait été filmée en décembre 2017 en train de donner des coups de poings et de pieds à deux soldats israéliens. Son procès devant un tribunal militaire se déroulera à huis clos et pourrait durer des mois.

Le procès d'Ahed Tamimi, une jeune Palestinienne de 17 ans qui comparaît devant un tribunal militaire israélien, se déroulera à huis clos, a décidé le juge ce mardi. La prochaine audience est prévue le 11 mars, selon l'AFP et plusieurs journalistes présents sur place. D'ici là, la jeune femme devrait rester en détention provisoire, une mesure vivement critiquée par l'ONG Amnesty International. 

Le juge a justifié le huis clos par le fait que le débat public ne serait pas dans l'intérêt de la jeune femme.

Ahed Tamimi est notamment accusée d'avoir porté plusieurs coups à des soldats israéliens, lors d'une altercation dans son village de Nabi Saleh le 15 décembre dernier, qui avait été filmée, et risque jusqu'à 10 ans de prison, selon Amnesty International.

Elle est poursuivie pour douze chefs d'inculpation au total, non seulement pour les agissements du 15 décembre mais aussi des faits antérieurs présumés, comme des jets de pierres contre les soldats, des menaces et sa participation à des "émeutes", Nabi Saleh étant le théâtre fréquent de manifestations contre l'occupation.

"Le huis clos est le meilleur moyen que tout cela se passe loin des regards"

"Ce que je crois, moi, c'est que le tribunal pense qu'il n'est pas bon pour lui que vous soyez tous à l'intérieur", s'est indignée son avocate Gaby Lasky, à l'extérieur du tribunal devant les journalistes, peu après leur évacuation de la salle. 

"Ils comprennent que les gens, dehors, s'intéressent à Ahed et à son affaire, ils comprennent qu'on enfreint ses droits et qu'elle ne devrait jamais être jugée, et le huis clos est le meilleur moyen que tout cela se passe loin des regards", a-t-elle ajouté.

Pendant les débats à huis clos, elle a ensuite plaidé que c'était avant tout l'occupation par l'armée israélienne de la Cisjordanie -où se sont produits les faits- qui était illégale, a-t-elle rapporté.

Les débats ont été ajournés au bout de deux heures jusqu'au 11 mars, le temps pour l'accusation de préparer sa réponse, a-t-elle dit. Le procès pourrait prendre des mois.

Liv Audigane, avec AFP