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Le dialogue des religions impulsé par les musulmans du Golfe

Un "Dialogue des civilisations" rassemblant les principaux acteurs religieux du pays s'est tenu le 6 mai 2014 à Bahreïn.

Un "Dialogue des civilisations" rassemblant les principaux acteurs religieux du pays s'est tenu le 6 mai 2014 à Bahreïn. - -

Bahreïn fait partie des Etats du Golfe où se développe de plus en plus un dialogue inter-religieux. Objectif de ces forums encouragés par l'ONU: lutter contre tous les extrémismes.

Alors que Boko Haram et d'autres groupes extrémistes tuent et ou enlèvent des civils au nom de la foi, dans plusieurs États du Golfe, des forum de dialogue interreligieux ont commencé à s'insérer dans le paysage. Mercredi dernier, c'était au Royaume de Bahreïn de tenter l'exercice, sous les auspices de l'ONU qui encourage ces dialogues transnationaux.

Un éminent parterre de figures religieuses de l'islam, du christianisme catholique et orthodoxe, et de l'hindouisme y ont dénoncé les propos de haine religieuse comme contraires aux droits de l'homme, lesquels découlent de dieu. L'imam en chef de la Mosquée Al Azhar du Caire, Sheikh Ahmed el-Tayeb, lui-même signa ce document.

"Civilisations" et "tolérance" comme maîtres-mots

Ce "Dialogue des Civilisations" a duré trois jours, avec des centaines de participants venus du monde des religions. En réalité, ce forum des religions brassa des ecclésiastiques de toutes sortes, sunnites, chiites, chrétiens orthodoxes, maronites libanais, hindous. Les thèmes étaient, quant à eux, liés à la civilisation: "les propos de haine et les religions" est un bon exemple de ce genre de mélange religion-civilisation. Ou encore l'éducation religieuse et l'entente entre les civilisations, l'obligation divine de rapprochement avec l'autre, l'extrémisme idéologique et la violence, le partage du pouvoir entre civilisations différentes... bref, du lourd en trop peu de temps, comme toujours.

Le mot le plus souvent exprimé, et parfois sur-utilisé, était "tolérance". Manifestement, chacun sheikh, imam, mollah, prêtre, pasteur, swami, ou rabbin ne voulait tolérer l'autre. Au-delà de ces considérations, quelques laïcs ont abordé le côté naturel de la coexistence entre islam et chrétienté, entre croyance et rationalisme... Tout cela est plutôt naturel à entendre dans ce royaume de Bahreïn, l'un des pays musulmans les plus tolérants au monde. On y trouve des citoyens sunnites, chiites, chrétiens, hindous, et même une quarantaine de juifs de vieille souche et parfaitement à l'aise. Se balader en kippa à Bahreïn est un acte anodin.

Une première marche

Certes, le royaume de Bahreïn connaît des tensions vives entre certains secteurs chiites et la classe politique. En effet, plusieurs pays musulmans abritent les deux branches, dans des conditions rarement exemptes de tensions. Mais ce premier épisode du dialogue des religions à l'échelle mondiale a délaissé les cas locaux. Un jour, ce genre de dialogue pourra peut-être toucher les vrais sujets brûlants dans le détail. Pour l'heure, ce dialogue est pérennisé dans le royaume.

Harold Hyman et journaliste spécialiste de géopolitique