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Jérusalem: menaces à l'encontre d'une féministe juive

La féministe juive Peggy Cidor a découvert les tags dans sa cage d'esclier et sur la porte de son appartement ce lundi.

La féministe juive Peggy Cidor a découvert les tags dans sa cage d'esclier et sur la porte de son appartement ce lundi. - -

Peggy Cidor milite pour le droit des femmes à prier librement devant le Mur des Lamentations. Les murs de sa cage d'escalier ont été recouverts d'inscriptions menaçantes.

"Peggy, ton heure viendra". "Jérusalem est sacrée." Tels sont les messages qui ont été peints, ce lundi, dans l'immeuble de la féministe juive Peggy Cidor et sur la porte de son appartement à Jérusalem.

Cette militante fait l'objet de menaces après son engagement en faveur de la liberté de prière pour les femmes, aux côtés des Femmes pour le Mur. Une décision de justice leur a donné raison : les féministes juives ont été autorisées, le 10 mai dernier, à prier devant le Mur des Lamentations, en portant la kippa, un châle de prière, des phylactères et en lisant la Torah. Une manière de prier traditionnellement réservée aux hommes.

Une protection policière avait dû être mise en place. La prière avait eu lieu sous les jets de chaises, de bouteilles et d'eau, relatait le quotidien israélien Haaretz (article en anglais).

Auparavant, les femmes ne pouvaient prier qu'en silence et à l'écart, sous peine d'être arrêtées ou importunées par les ultra-orthodoxes.

"Les femmes du Kotel sont maléfiques"

Parmi les inscriptions en hébreu retrouvées dans la cage d'escalier, un tag affirme que les femmes du Kotel (le Mur des Lamentations) sont "maléfiques".

"La police m'a dit de faire attention maintenant", a expliqué Peggy Cidor qui a porté plainte.

Une enquête est en cours. Les auteurs n'ont pas encore été identifiés, selon les médias israéliens. Mais l'un des messages inscrits à la peinture noire fait allusion à la campagne d'agressions dite du "prix à payer" ("Tag Méir"), menée par des colons extrémistes et des activistes d'extrême droite contre des lieux de culte musulmans et chrétiens ou contre des militants pacifistes israéliens. 

Réactions indignées

"C'est perturbant, effrayant et triste", a estimé Peggy Cidor qui craint une escalade des violences. "Si les ultra-orthodoxes ne comprennent pas qu'il s'agit d'un blasphème, nous devrons faire face à des choses terribles, beaucoup plus graves qu'une cage d'escalier souillée."

Le mouvement des Femmes pour le Mur a publié un communiqué, cité par Haaretz (article en anglais), dans lequel il appelle "les rabbins à condamner fermement ces actes et à mettre fin aux provocations."

Le rabbin du Kotel, Shmuel Rabinovitz a condamné ce vandalisme.

Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, a également dénoncé ces actes et a appelé à les "traiter avec la plus grande sévérité", selon The Jerusalem Post (article en anglais).


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