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Israël: Ayelet Shaked, caution d'extrême droite du gouvernement et victime d'attaques sexistes

Ayelet Shaked, la nouvelle ministre de la Justice israélienne, à Jérusalem le 17 mai 2015

Ayelet Shaked, la nouvelle ministre de la Justice israélienne, à Jérusalem le 17 mai 2015 - Gali Tibbon - AFP

Egérie de la droite forte israélienne, Ayelet Shaked a été nommée ministre de la Justice du nouveau gouvernement Netanyahu. Une femme politique controversée pour ses idées radicales et attaquée pour son physique avantageux.

Elle n'a pas fini d'essuyer les critiques. Figure de proue du parti nationaliste religieux "Foyer juif", Ayelet Shaked est devenue la nouvelle ministre de la Justice israélienne. Ce dimanche, elle a annoncé dans son discours d'investiture qu'elle avait l'intention de limiter les pouvoirs que la Cour suprême peut exercer sur le gouvernement et sur le Parlement. Accusée de tenir des propos anti-palestiniens et anti-démocratiques, elle est aussi régulièrement la cible de propos sexistes.

Une "femme d'action qui ne fait pas dans le sentiment"

A 39 ans, cette ingénieure en informatique, ancienne membre du Likoud et dépourvue de formation juridique, est parvenue à se frayer un chemin jusqu'à un portefeuille clé du gouvernement de Benjamin Netanyahu, investi le 14 mai. Dans son discours d'investiture ce dimanche, Ayelet Shaked a tenté de se montrer rassurante, rappelant que "le système judiciaire est le fondement de notre existence en tant que société démocratique. Je ne serai pas celle qui va l'affaiblir".

"Mais je ne veux pas lui permettre d'enfreindre l'autorité légale des pouvoirs législatif et exécutif", a-t-elle ajouté. Membre de la Knesset, le Parlement israélien, depuis 2013, la jeune femme a soutenu plusieurs projets de loi controversés visant à affaiblir la Cour suprême, qui contrôle la constitutionnalité des lois et garantit les droits de l’Homme.

Soutien des colons, partisane de l'inscription dans la loi du caractère juif d'Israël, elle est décrite par le Time of Israel comme une "femme d'action qui ne fait pas dans le sentiment". Pour le quotidien suisse Le Temps, Ayelet Shaked "parle simple, clair et direct, même lorsqu’elle a tort. C’est ce qui plaît aux habitants de l’Etat hébreu". Le 30 juin 2014, avant la guerre de Gaza, elle avait partagé sur Facebook un article où les Palestiniens étaient qualifiés d'"ennemis" et de "serpents" dont beaucoup sont des "terroristes à éliminer".

Une ministre qu'on verrait bien "dans un calendrier de garagiste"

Attaquée sur le fond, mais aussi sur la forme. Dans un récent sondage mené par l’Association israélienne de Chirurgie plastique et esthétique, Ayalet Shaked a été élue plus belle femme de la Knesset. Et les réflexions sur son physique ne sont pas rares. Le député Joseph Paritsky a ainsi déclaré: "Finalement, nous avons une ministre de la Justice qui pourrait apparaître dans un calendrier de garagiste", comme l'a relevé Le Parisien. "Elle est jeune, jolie et intelligente. Un joker pour le 'Foyer juif' qui, sans sa présence, ferait penser à une association de vieillards porteurs de kippa", commente le chroniqueur politique Boaz Shapira, cité par Le Temps.

Au point que même ses opposantes politiques prennent sa défense. "Fatiguée de tous les commentaires misogynes et sexistes sur Ayelet Shaked", a par exemple déclaré sur Facebook Zehava Gal-On, la leader du parti de gauche Meretz. "J'ai l'intention de résister à Ayelet Shaked dans chaque effort qu'elle fera pour affaiblir la Cour suprême et nuire à la démocratie israélienne. Mais quand il s'agira de la façon dont elle est traitée comme femme ou qu'il s'agira de remarques qui visent à la diminuer et à l'insulter qu'elle devra endurer, je serai debout à côté d'elle", a-t-elle expliqué.

Comme le soulignait le quotidien de gauche Haaretz, ces attaques sur son physique risquent d'ailleurs de détourner le débat public et de faire passer au second plan ses idées radicales. "Peu importe qu'elle soit belle, Ayelet Shaked est dangereuse", titrait récemment le journal.

A. D.