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Gaza: "Cette folie doit cesser", s'indigne Ban Ki-Moon

Des soldats israéliens passent devant un tank Merkava à la frontière sud de la bande de Gaza, le 1er août 2014.

Des soldats israéliens passent devant un tank Merkava à la frontière sud de la bande de Gaza, le 1er août 2014. - -

Une école de l'ONU a été bombardée dimanche à Gaza. Le soldat dont Israël affirmait qu'il avait été probablement enlevé par le Hamas est mort. Ce dimanche matin, les combats continuaient, même si Tsahal indiquait qu'elle commençait à retirer des troupes de Gaza.

L'armée israélienne a annoncé dimanche matin la mort du soldat porté disparu depuis vendredi, peu après qu'Israël et le Hamas ont affirmé leur détermination à poursuivre les hostilités. Dans la bande de Gaza, douze Palestiniens ont été tués dimanche matin.

"Une commission spéciale menée par le rabbin en chef de l'armée a annoncé la mort de l'officier d'infanterie Hadar Goldin, tué au combat vendredi dans la bande de Gaza", a indiqué un communiqué militaire tandis que la radio militaire précisait "qu'en l'absence de corps", le processus pour déclarer la mort du soldat avait été "très délicat", notamment pour des raisons religieuses.

L'armée israélienne avait déclaré vendredi que le soldat, âgé de 23 ans, avait probablement été enlevé. Mais la branche armée du Hamas, tout en endossant la responsabilité de l'attaque, avait indiqué ne rien savoir du sous-lieutenant Goldin, et estimé qu'il avait été tué avec le commando palestinien dans un bombardement israélien.

> Ecole bombardée: Ban indigné, les Etats-Unis "consternés"

Au moins dix Palestiniens ont été tués dimanche dans une frappe ayant touché une école de l'ONU qui accueille des réfugiés à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, ont annoncé les secours locaux.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a qualifié dimanche de "nouvelle violation flagrante du droit humanitaire international" le bombardement qui a touché une école de l'ONU à Rafah et tué au moins dix Palestiniens. "C'est un scandale du point de vue moral et un acte criminel", a-t-il affirmé. "Cette folie doit cesser", a encore martelé le secrétaire général dans un communiqué de son porte-parole, en appelant Israël et le Hamas à cesser les combats et à négocier un accord de paix au Caire. Washington s'est dit "consterné" par ce nouveau bombardement.

"Selon les premières informations, il y a de nombreux morts et blessés dans l'école de l'UNWRA à Rafah après un bombardement", a de son côté indiqué le porte-parole de l'Agence onusienne pour les réfugiés palestiniens, Chris Gunness. Il n'a pas imputé la responsabilité des tirs à l'un ou l'autre des belligérants, Israël et le Hamas.

Une trentaine de Palestiniens avaient déjà été tués dans des frappes sur des écoles de l'ONU, à Beit Hanoun le 24 juillet et à Jabaliya (nord) le 31 juillet, suscitant une vive émotion internationale et la condamnation de l'ONU.

> Israël confirme un début de retrait partiel de ses troupes

Israël a commencé à retirer certaines troupes de la bande de Gaza et à en redéployer d'autres à l'intérieur du territoire palestinien, a annoncé le porte-parole de l'armée à l'AFP.

"Nous en retirons certaines, nous en changeons certaines (de position) à l'intérieur (du territoire), cette mission est en cours", a déclaré Peter Lerner, confirmant pour la première fois officiellement un début de retrait partiel.

"On change de braquet mais on continue", a-t-il insisté. "Nous sommes tout près d'avoir achevé notre mission en ce qui concerne les tunnels dont nous connaissons l'existence", a ajouté le militaire. "Quand ce sera fait, nous ferons une annonce".

Mais "la mission se poursuit, elle n'est pas terminée", a-t-il dit.

> Netanyahou poursuivra les opérations "autant que nécessaires"

Douze Palestiniens ont été tués dimanche matin lors de raids israéliens dans la bande de Gaza, selon un nouveau bilan des services de secours.

Les services de secours avaient auparavant avancé le chiffre de onze morts. Neuf des victimes ont été tuées à Rafah (sud) et trois dans le centre de la bande de Gaza, a-t-on précisé de mêmes sources en ajoutant qu'un autre Palestinien blessé est décédé.

Peu avant cette annonce, le chef du gouvernement israélien Benjamin Netanyahou a déclaré que l'armée poursuivrait ses opérations "aussi longtemps que nécessaire" et emploierait "toute la force requise".

"Nous poursuivrons notre résistance jusqu'à ce que nous ayons atteint notre objectif", lui a répondu un porte-parole de l'organisation islamiste au terme de la 26e journée d'une guerre qui a fait près de 1.800 morts.

> Israël absent à la table des négociations au Caire

La délégation palestinienne qui tenait des discussions au Caire sur un éventuel cessez-le-feu à Gaza est tombée d'accord dimanche sur un ensemble de demandes, dont la fin du blocus de l'enclave palestinienne, et l'a transmis au médiateur égyptien, selon des responsables. Les représentants palestiniens, dont des membres de l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas et du Hamas, mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza, doivent rencontrer les médiateurs égyptiens dans la soirée dimanche.

Ces derniers transmettront ensuite les demandes formulées par les Palestiniens à Israël, qui a refusé d'envoyer une délégation au Caire après avoir fait porter au Hamas la responsabilité de l'échec d'un cessez-le-feu vendredi.

> Le chef du Hamas en exil pose les conditions d'une trêve

Le chef en exil du Hamas Khaled Mechaal a pour sa part assuré samedi soir que son mouvement n'accepterait pas de cessez-le-feu sans un départ des troupes israéliennes engagées dans Gaza.

"Une trêve est une trêve. Mais la présence des forces israéliennes dans Gaza, qui détruisent les tunnels, c'est une agression", a déclaré Khaled Mechaal, ajoutant que, dans ces conditions, le Hamas s'accordait le droit à "l'auto-défense" et qu'il l'avait déjà fait savoir au secrétaire d'Etat américain John Kerry.

|||L'ESSENTIEL

• Le soldat israélien disparu a en fait été tué dans un bombardement israélien, ses funérailles ont été organisées dimanche

• Les combats ont continué dimanche matin faisant 12 morts palestiniens et au moins 10 autres lors d'une frappe sur une école de l'ONU.

• Ban Ki-Moon a dénoncé un "acte criminel" et Washington s'est déclaré "consterné" par ce nouveau gouvernement.

• Israël refuse de négocier avec les Palestiniens au Caire.

• Un retrait partiel des troupes de Tsahal a été confirmé par son porte-parole.

D. N. avec AFP