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L'universitaire française Fariba Adelkhah détenue depuis juin en Iran entame une grève de la faim

Fariba Adelkhah, directrice de recherche au CERI de Sciences Po, est emprisonnée en Iran depuis juin 2019

Fariba Adelkhah, directrice de recherche au CERI de Sciences Po, est emprisonnée en Iran depuis juin 2019 - Thomas ARRIVE / Sciences Po / AFP

Le Quai d'Orsay a annoncé avoir convoqué ce vendredi l'ambassadeur d'Iran à Paris pour dénoncer "l'emprisonnement intolérable" de la chercheuse, spécialiste du chiisme.

Détenue depuis le mois de juin à la prison d'Evin à Téhéran, l'universitaire franco-irannienne Fariba Abdelkhah a annoncé, dans une lettre écrite depuis sa cellule le 24 décembre, qu'elle entamait une grève de la faim pour dénoncer les "accusations fabriquées", la "torture psychologique" et les "violations des droits humains" dont elle s'estime victime.

Dans ce courrier, cosigné avec la chercheuse australienne Kylie Moore-Gilbert, également accusée d'espionnage, la directrice de recherche au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris s'exprime "au nom de tous les chercheurs et universitaires en Iran et au Moyen-Orient qui, comme nous, ont été injustement emprisonnés".

"Le sens de cette action rappelle avec plus de force encore le prix qui s’attache aux libertés scientifiques et l’attention prioritaire que le monde doit porter à la défense des universitaires et des chercheurs emprisonnés", a déclaré le directeur de Sciences Po dans un communiqué.

L'ambassadeur d'Iran à Paris convoqué au Quai d'Orsay

Ce vendredi, le ministère français des Affaires étrangères a annoncé avoir convoqué l'ambassadeur d'Iran pour dénoncer "l'emprisonnement intolérable" depuis six mois de Fariba Abdelkhah et d'un autre universitaire français, Roland Marchal, détenu dans une autre prison iranienne pour "collusion contre la sécurité nationale".

"Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères a marqué auprès de l'ambassadeur d'Iran notre extrême préoccupation sur la situation de Mme Fariba Adelkhah qui a cessé de s'alimenter, et a réitéré notre demande d'accès consulaire, jusqu'ici refusée", souligne-t-il dans un communiqué.

Au mois de juillet, quelques semaines après l'annonce de l'arrestation de Fariba Abdelkhah, Emmanuel Macron avait réclamé des "clarifications" au président Rohani, tandis que le ministère des Affaires étrangères avait déclaré avoir "effectué des démarches auprès des autorités iraniennes pour obtenir de leur part des informations sur la situation et les conditions de l'arrestation de Fariba Adelkhah et demander un accès consulaire".

Mélanie Rostagnat avec AFP