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"Je ne peux pas rester ici": cet homme parti rendre visite à sa mère en Afghanistan est bloqué à Kaboul

Un jeune homme originaire d'Aghanistan et vivant à Paris, qui était rentré pour voir sa mère cet été, est resté bloqué à Kaboul depuis la prise de pouvoir des talibans. Depuis, il ne parvient pas à regagner le territoire français et raconte son attente à BFMTV.

Au sein de la famille de Fayçal, personne n'avait vu venir la menace talibane arriver aussi vite. Le jeune Afghan de 27 ans, qui réside à Paris, s'est rendu en Afghanistan quelques semaines cet été afin de rendre visite à sa mère malade. Son vol retour était prévu le 19 août. Mais la prise de force de Kaboul par les talibans le 15 août dernier a pris tout le monde de court, et Fayçal est désormais bloqué en Afghanistan, dans l'incapacité de regagner la France.

Chez lui, dans les jours qui ont précédé la prise de pouvoir des talibans, personne ne s'est affolé et personne ne lui a donc conseillé de rentrer en France immédiatement. Depuis la prise de Kaboul, il demande à partir et est en possession des documents nécessaires, à savoir un titre de séjour français. Mais l'enceinte de l'aéroport de Kaboul est en proie à un immense chaos, inaccessible.

"J'ai grandi en France, je ne connais rien ici"

"Ma vie est en France, je ne peux pas rester ici", déplore Fayçal, contacté via Facetime par BFMTV. "Quelqu'un à l'aéroport m'a dit de donner mon prénon, mon numéro, mon adresse' et qu'on allait m'appeller là-bas. Un bus viendra me chercher".

"Je ne vais pas rester ici, moi je vais rentrer, même si c'est compliqué. Mais en tout cas ma vie est là-bas et je ne peux pas rester ici. J'ai grandi en France, je ne connais rien du tout ici", explique le jeune Afghan, qui vit dans l'attente, terrorisé. Notamment parce qu'il est sans nouvelles de l'un de ses deux frères, policier de profession. Lorsque la famille essaie de le joindre par téléphone, ce sont les talibans qui répondent au bout du fil.

Aujourd'hui, le seul moyen pour les Afghans de partir, est par le biais d'intermédiaires qui connaissent très bien la société civile, comme des journalistes présents sur place qui proposent des listes de personnalités aux profils sensibles (journalistes, interprètes etc.) au Consulat. Et c'est grâce à ces listes, d'une dizaine de noms par jour seulement, que les forces spéciales postées à quelques checkpoints de l'aéroport de Kaboul décident de qui va pouvoir embarquer dans un avion pour l'Occident.

Clémence Dibout et Jeanne Bulant