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Afghanistan

"Ils m'envoient leurs passeports": une humanitaire submergée par les appels de détresse d'Afghans

Arianne Geigert-Hiriart, une humanitaire française ayant créé quatre écoles en Afghanistan, tente d'aider à distance des Afghans souhaitant quitter leur pays, désormais dirigé par les talibans.

Elle pressentait leur retour, pas qu'il soit aussi rapide. Arianne Geiger-Hirart, une humanitaire française, ne s'imaginait pas une victoire aussi fulgurante des talibans en Afghanistan. Celle qui partageait sa vie entre la France et Kaboul devait repartir pour la capitale afghane dans quelques jours, mais elle se retrouve désormais bloquée en Alsace, submergée par les appels de détresse d'Afghans.

"Ils m'envoient leurs passeports et leur taskera (la carte d'identité afghane, NDLR)", explique-t-elle devant notre caméra, "on est en train de constituer des dossiers à envoyer à l'ambassade de France et au Quai d'Orsay pour essayer de les faire sortir d'Aghanistan et de Kaboul en particulier".

Fondatrice de quatre écoles en Afghanistan

Arrivée en 2000 en Afghanistan, elle a vu les talibans et le régime politique instauré par ces derniers. Plus d'écoles, plus de femmes, plus de vie dans les rues de Kaboul... Elle crée alors avec son mari un centre éducatif dédié aux Hazaras, un peuple afghan persécuté, puis l'ONG Le Pélican.

Elle a depuis fondé quatre écoles dans le pays où sont accueillis plus de 400 enfants et adultes. Elle a écrit une autobiographie, De Colmar à Kaboul, où elle revient sur son expérience lorsque les talibans dirigeaient le pays il y a déjà vingt ans.

"Pas de jeux, pas de rires, pas de télévisions, pas de photographies, pas de cerfs volants, pas de musique, pas de mariage...", énumère celle qui raconte avoir croisé des talibans battre des petites filles, des femmes battues, "je n'ai vu que la tristesse à l'époque".

Si elle tente aujourd'hui d'aider du mieux qu'elle peut les Afghans pris en charge par son ONG, Arianne Geiger-Hirart entend bien retourner en Aghanistan dès que la situation sera stabilisée.

Marie Luff et Hugues Garnier