BFMTV

Les habitants d'une favela de Rio rasée avant les JO font de la résistance

La Villa Autodromo, une favella de Rio de Janeiro, abritait 600 familles il y a encore quelques mois. Elle vient d'être rasée car située trop près du Village olympique. Mais certains habitants ont lutté obtenant le droit de rester sur place.

Au Brésil, tout le monde n’est pas à la fête alors que se profilent les Jeux olympiques de Rio de Janeiro. Située à quelques centaines de mètres du village olympique, une favela baptisée la Villa Autodromo a même fait les frais des préparatifs de la compétition. Les autorités ne voulaient pas exhiber un signe extérieur de pauvreté si près de son grand événement. Conséquence, cette favela où vivaient 600 familles il y a encore quelques mois a été rasée.

"J'ai mis trois ans à construire ma maison et aujourd'hui ils la détruisent"

Augusto, un habitant que BFMTV a pu rencontrer, a eu à peine le temps de venir chercher ses dernières affaires: "Ma vie n’est pas finie. C’est une nouvelle vie qui commence!" commence-t-il avant d’ajouter, "Est-ce que je vais bien aujourd’hui? Non. J’ai mis trois ans à construire ma maison et aujourd’hui ils la détruisent." Il fond alors en larmes, un carton dans les bras.

Mais Augusto ne va pourtant pas quitter la zone. Il a refusé l’offre d’indemnisation de la mairie (pour certains, celle-ci est montée jusqu’à une somme équivalente à 110.000 euros) et de relogement loin de son quartier. Vingt autres familles ont fait comme lui et ont obtenu de continuer à vivre sur place, après une longue bataille juridique dans laquelle elles ont été épaulées par Amnesty International.

Le plan d'urbanisme se fait attendre

Ces résidents résolus habitent désormais des maisons neuves, construites par l’Etat, situées sur le territoire de leur favela. C’est le cas de Maria Da Benha, dont le nouveau logement est cependant trois plus petit que l’ancien:

"C’est sûr que j’aurais préféré rester dans ma maison, celle où nous avons vécu, que nous avons construite, ça n’a pas de prix. Nous les pauvres, nous avons du mal à lutter pour nos idéaux et pour nos droits. Mais si nous croyions davantage en nous nous pourrions changer beaucoup de choses dans notre pays et dans le monde."

Aujourd’hui, ces irréductibles de la Villa Autodromo attendent toujours la mise en place du plan d’urbanisme promis par l’Etat.

R.V. avec Ani Basar et Amélie Pateyron