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Le tireur de Las Vegas, un retraité présenté par Daesh comme un de ses soldats

Stephen Paddock, un homme de 64 ans lourdement armé a ouvert le feu sur une foule assistant à un concert en plein air dimanche soir à Las Vegas, tuant au moins 59 personnes et en blessant 527 autres dans ce qui constitue la fusillade la plus meurtrière de l'histoire des Etats-Unis.

Comptable à la retraite et habitué des casinos, rien dans le parcours de Stephen Paddock, 64 ans, ne permet d'expliquer la fusillade dont il est l'auteur. A Las Vegas dimanche soir, il a tué 58 personnes lors d'un concert à Las Vegas, un acte revendiqué par Daesh.

L'auteur de la fusillade la plus meurtrière jamais perpétrée aux Etats-Unis menait une existence sans histoire à Mesquite, une petite ville d'environ 18.000 habitants du Nevada, dans un quartier récent et "très calme" prisé des retraités, selon la police locale.

Stephen Paddock était totalement inconnu des services de police.

Son frère sidéré

Son frère Eric Paddock, l'a décrit comme un homme aisé, qui aimait les croisières, jouer au poker sur internet et se rendre dans les casinos de Las Vegas.

"Nous sommes stupéfaits, sidérés!" a déclaré, abasourdi, Eric Paddock sur la chaîne CNN. "Il n'avait aucun lien avec aucune organisation politique ou organisation religieuse. Autant que je sache, il n'était pas un suprémaciste blanc et je le connais depuis 57 ans!"

Ancien comptable, Stephen Paddock possédait un brevet de pilote et un permis de chasse délivré par l'Etat d'Alaska. Il était habitué des croisières et jouait régulièrement au poker, notamment dans les casinos.

L'une des seules photos de lui qui ont émergé le montre dans un bar avec ce qui semble être un verre d'alcool à la main. L'homme arbore une légère barbe grise. Sa compagne, Marilou Danley, une femme d'origine asiatique, a été interrogée et mise hors de cause, selon les autorités.

Seul accroc dans sa biographie, son père, Patrick Paddock, était un braqueur de banques recherché par le FBI dans les années 1960, mais il n'entretenait que des liens ténus avec ses enfants, a assuré Eric Paddock.

Recrue jihadiste?

Le profil de Stephen Paddock est très éloigné des recrues traditionnelles du groupe Etat islamique qui affirme que cet Américain retraité était l'un des ses "soldats" et s'était converti à l'islam "il y a quelques mois".

"Un soldat du califat (Abou Abdelberr l'Américain) -que Dieu l'accepte- muni d'armes automatiques et de munitions diverses a, depuis un hôtel donnant sur un concert de musique, ouvert le feu sur un de ces rassemblements, faisant 600 morts et blessés, jusqu'à l'épuisement de ses munitions, avant de tomber en martyr", a indiqué lundi Daesh dans un communiqué.

Le FBI sceptique

Cette revendication laisse les autorités américaines sceptiques. Le FBI a déclaré n'avoir établi "aucun lien à ce stade avec un groupe terroriste international".

La CIA a également mis en garde dans un communiqué contre "des conclusions hâtives" et renvoyé à l'enquête en cours.

Le shérif de Las Vegas Joseph Lombardo a évoqué un "loup solitaire" et un "psychopathe", se refusant lui aussi à évoquer la piste terroriste.

Seule certitude, Stephen Paddock avait visiblement minutieusement préparé cette attaque avec l'intention de faire le plus de victimes possibles.

Il avait loué deux chambres contiguës au 32e étage de l'hôtel Mandalay Bay, se donnant la possibilité de deux angles de tir différents, et possédait dix fusils, retrouvés dans sa chambre d'hôtel.

A 22h08 heure locale, Stephen Paddock s'est installé aux fenêtres de l'une des ces deux chambres et a commencé à tirer à l'arme automatique sur la foule du concert en contrebas. Il s'est apparemment donné la mort avant l'arrivée des unités d'intervention.

H.F. avec AFP