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Fusillade de Las Vegas: comptable, chasseur, pilote amateur... l'étrange profil du tireur

Des véhicules de police devant l'hôtel Mandala Bay, à Las Vegas.

Des véhicules de police devant l'hôtel Mandala Bay, à Las Vegas. - MARK RALSTON / AFP

Le bilan de la fusillade de Las Vegas, tard ce dimanche soir, est déjà effroyable. Pour l'heure, on dénombre plus de 50 morts et 515 blessés. Le tireur, Stephen Paddock, s'est donné la mort avant d'être interpellé, est un homme de 64 ans dont le profil intrigue.

Pour l'heure, les autorités américaines évoquent un bilan lourd (et provisoire) de plus de 59 morts et 527 blessés, pour le moment, à l'issue de la fusillade qui a endeuillée un concert de country en plein air à Las Vegas dimanche soir. L'enquête se concentre dès à présent sur la personnalité du tireur, Stephen Paddock, qui s'est donné la mort avant l'arrivée des forces de l'ordre dans sa chambre de l'hôtel Mandalay Bay du haut de laquelle il avait ouvert le feu sur les spectateurs. 

Chasseur, comptable, pilote à ses heures perdues

"C’est un profil très étrange", explique Jean-Bernard Cadier, notre correspondant aux Etats-Unis. "C'est un homme de 64 ans, son nom est Paddock, Stephen Paddock. Il est blanc, il habite la ville moyenne de Mesquite à une heure environ de Las Vegas", a-t-il détaillé, soulignant donc que l'homme habitait à Mesquite, petite ville d'environ 18.000 habitants, dans le Nevada, l'Etat qui abrite également Las Vegas. Selon la presse américaine, il avait acheté sa maison de Mesquite en janvier 2015 pour 369.000 dollars. Le sheriff Joseph Lombardo a déclaré lors d'une conférence de presse qu'il était aussi le propriétaire d'une autre maison dans le nord du Nevada. Le même officier des forces de l'ordre a, dans un point-presse plus tardif, expliqué que "18 armes à feu supplémentaires, des explosifs et plusieurs milliers de munitions, ainsi que des appareils électroniques" avaient été retrouvés dans la maison de Mesquite. "Nous étudions en ce moment" les appareils électroniques, a-t-il poursuivi.

On connaît aussi des éléments de sa vie: "C’était un chasseur, c’était un comptable, il était pilote à ses heures et n’ayant jamais eu affaire à la police, on ne sait pas exactement s’il avait un passé violent ou non", a poursuivi notre correspondant. 

"Nous n'avons aucune information concernant ses antécédents, toutefois, il a reçu une assignation à comparaître il y a quelques années. Cette assignation a été traitée de manière tout à fait traditionnelle", a cependant précisé le sheriff Joseph Lombardo, lors d'un point-presse. Il semble qu'en septembre 2012, il avait lancé des poursuites contre le Metropolitan de Las Vegas pour une chute qui avait occasionné des blessures chez lui. Il avait fini par abandonner son accusation. Il apparaît par ailleurs que Stephen Paddock était le fils d'un gangster, selon des informations livrées par Jean-Bernard Cadier qui a indiqué que le père de ce dernier était un braqueur de banques qui fut l'un des hommes les plus recherchés par le FBI. 

Le témoignage de son frère

"Nous n'avons aucune idée de ce qui s'est passé", a témoigné, ému, son frère Eric au Las Vegas Review-Journal. "C'est comme si un astéroïde nous était tombé dessus", a ajouté l'homme de 55 ans, qui semblait profondément touché par le massacre. "Rien ne nous permet d'expliquer ce qu'il a fait", a-t-il également précisé. Eric Paddock a observé que son frère, désormais retraité, avait "assez d'argent pour passer le reste de ses jours dans le confort". Il a même affirmé plus tard auprès de l'agence de presse Associated Press que son frère "avait investi dans l'immobilier et était multi-millionnaire". 

Les deux frères s'étaient parlés pour la dernière fois il y a quelques semaines, Stephen Paddock appelant Eric Paddock pour s'informer de l'état de santé de leur mère après le passage d'Irma. "Il a aussi parlé à ma mère il y a une ou deux semaines d'ailleurs. Il lui a envoyé un déambulateur car elle a du mal à marcher", a-t-il développé devant les caméras. "Il n'a jamais porté d'arme sur lui, il n'a jamais frappé personne!" s'est-il également exclamé. 

Converti à l'islam? 

"On sait tout de même que dans la chambre d’hôtel qu’il avait pris depuis jeudi dernier, cela faisait donc quatre jours qu’il s’y trouvait, on a retrouvé une dizaine de fusils", a noté Jean-Bernard Cadier qui a ajouté: "C’est énorme, ça veut dire qu’il a vécu pendant plusieurs jours avec une dizaine de fusils dans cette chambre. A-t-il prémédité son acte? On ne le sait pas exactement." D'après des informations du New York Times, 20 fusils, deux trépieds, des centaines de munitions ont été retrouvés dans la chambre d'hôtel au total. 

Auparavant, Stephen Paddock avait mené la vie classique d'un visiteur de Las Vegas, jouant, pariant au casino, utilisant toutefois l'identité de sa compagne ce qui a poussé la police à se pencher sur son cas. Entendue, cette femme a ensuite été mise hors de cause. "On se demande quelles étaient les motivations du tireur pour une fusillade par ailleurs très anticipée, très bien préparée", a conclu notre correspondant. 

Le mystère s'est encore épaissi ce lundi après-midi, avec un nouveau rebondissement. Dans un communiqué publiée par l'agence de propagande de Daesh Amaq, l'organisation salafiste a revendiqué l'attaque, assurant aussi que Stephen Paddock s'était converti à l'islam il y a plusieurs mois.

Cette déclaration est néanmoins observée avec prudence à ce stade d'une enquête qui ne fait que débuter. Lors de son allocution en direct de la Maison Blanche, Donald Trump ne l'a pas évoquée.

R.V., avec Jean-Bernard Cadier