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Le pape François en Turquie pour défendre les chrétiens d'Orient

Le pape François se rend pour une visite de trois jours en Turquie.

Le pape François se rend pour une visite de trois jours en Turquie. - Gabriel Bouys - AFP

Le pape François se rend en Turquie pour un voyage de trois jours où il compte défendre la place des chrétiens et le dialogue inter-religieux au Moyen-Orient.

Défendre coûte que coûte le dialogue entre les religions. Le pape François est en Turquie à partir de vendredi et pour trois jours, pour y défendre la place des chrétiens d'Orient dans un Moyen-Orient marqué par les violences et les combats. 

Au cours de cette visite, le souverain pontife doit se rendre dans les mêmes lieux que Benoît XVI lors de sa venue en 2006. A l'époque, le climat avait été empoisonné par des propos controversés du pape allemand sur les liens supposés entre violence et islam. Depuis, les relations entre islam et christianisme se sont apaisées, mais le voyage de François se déroule dans une certaine indifférence des Turcs.

Programme léger et des "surprises"

A son arrivée à Ankara dans l'après-midi, le pontife argentin doit commencer par la visite obligée au mausolée d'Ataturk, fondateur de la République laïque ottomane. Il rencontrera ensuite le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, qui l'accueillera dans son palais au luxe controversé, avant de s'entretenir avec le Premier ministre Ahmet Davutoglu, et le président des Affaires religieuses, Mehmet Gormez.

L'essentiel pour le Vatican se déroulera ensuite à Istanbul, où la visite sera consacrée aux relations avec le patriarche de Constantinople, Bartholomée, et la minuscule communauté catholique.

Un programme qui peut apparaître léger mais selon l'agence spécialisée sur le Vatican, I.Media, le pape pourrait réserver "des surprises" et rencontrer des réfugiés irakiens et syriens. Un geste attendu depuis que François a exprimé cet été sa volonté de soutenir au Kurdistan irakien les chrétiens, orthodoxes et catholiques qui fuient la région face à la progression de l'Etat islamique. 

Sécurité renforcée

Le numéro deux du Saint-Siège, le secrétaire d'Etat Pietro Parolin, a tracé les grandes lignes du voyage: le pape réaffirmera la nécessité d'une "solution régionale et globale" pour la paix au Moyen-Orient, mais pas d'une "solution unilatérale imposée par la force". Le Vatican et le pape dénoncent aussi les "appuis" politiques et économiques "que l'EI (l'Etat islamique, Ndlr) continue de recevoir" et "insistent sur le droit au retour" des réfugiés - 2 millions en Turquie - "dans leur patrie, leur maison, leurs terres", où ils doivent pouvoir vivre sereinement, selon le cardinal Parolin.

Pietro Parolin a mis l'accent sur la "sollicitude" que le pape doit apporter à une "petite Eglise qui, dans les années passées, a vécu des épisodes très douloureux de violence". François compte ainsi tendre la main aux orthodoxes: à l'occasion dimanche de la fête de Saint-André, fondateur de l'Eglise d'Orient, le pape est attendu à bras ouverts par Bartholomée, avec qui il cosignera une déclaration. "Ce sera un moment intense pour renforcer le chemin oecuménique non seulement avec l'Eglise de Constantinople mais aussi avec toutes les Eglises orthodoxes", a assuré le cardinal.

Afin d'assurer la sécurité du souverain pontife, 2.700 policiers seront mobilisés à Ankara et plus de 7.000 à Istanbul, selon la presse turque. Et même si aucune menace spécifique n'a été lancée à l'encontre de François, Ankara lui a imposé de se déplacer dans une grosse berline blindée.

J.C. avec AFP