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La "veuve blanche" de Daesh tuée par un drone selon la presse britannique

Un drone Predator au Salon du Bourget.

Un drone Predator au Salon du Bourget. - David Monniaux via Wikimedia Creative Commons.

Sally Jones, une jihadiste britannique âgée de 50 ans et ancienne artiste punk, aurait été abattue en zone syro-irakienne par un drone américain, selon plusieurs médias du Royaume-Uni ce jeudi. Les Etats-Unis ne confirment toutefois pas l'information. Considérée comme une recruteuse et propagandiste de Daesh, la "veuve blanche" fait l'objet de recherches actives depuis trois ans.

Dans les années 90, Sally Jones chantait et tenait le manche d'une guitare pour le compte d'un groupe punk, appelé Krunch. En juin dernier, annonce ce jeudi le Telegraph, elle a été abattue par un tir de drone américain "Predator" à la frontière syro-irakienne après avoir revêtu l'abaya, au moment où elle a rejoint Daesh, il y a trois ans.

Faute toutefois d'avoir pu prélever des extraits ADN, le renseignement américain ne peut être absolument certain d'avoir abattu cette ex-habitante du Kent. Le porte-parole de la coalition contre Daeesh a même écrit sur Twitter en fin d'après-midi qu'il ne pouvait confirmer pour l'heure la mort de Sally Jones. 

Partie avec son fils de onze ans

La controverse est d'importance car depuis trois ans, Sally Jones s'est affirmée comme la partisane britannique de Daesh la plus recherchée au monde. Tout à la fois propagandiste capable de louer publiquement les décapitations pratiquées par Daesh, d'appeler à mener des attentats en occident, elle était aussi accusée d'avoir recruté des dizaines de femmes, et d'avoir entraîné les disciples européennes de Daesh ayant décidé de rallier les territoires du "Califat". 

Son passage en Syrie a fait connaître cette mère de deux enfants sous deux appellations différentes. Elle a d'abord pris le nom musulman d'Umm Hussain al-Britani, notamment en référence au jihadiste qu'elle avait épousé, Junaid Hussain, avant de se voir affublée d'un surnom, à la mort de ce dernier en août 2015: "Veuve blanche". 

C'est en ligne qu'elle s'était retrouvée pour la première fois en relation avec son futur époux, alors âgé de 19 ans, et en était tombée amoureuse. Bientôt, cet homme habitant Birmingham lui avait appris son intention de partir pour intégrer Daesh. Après qu'il eut joint le geste à la parole, elle avait suivi ses pas, débarquant en décembre 2013 à Jarabulus, ville syrienne limitrophe de la Turquie, avant de s'établir à Raqqa. Et elle n'avait pas fait le voyage seule. Elle avait pris avec elle son fils Joe Dixon, onze ans. Le destin de cet enfant est obscur, excepté qu'en décembre 2015, il entrait dans un camp d'entraînement pour enfants en Irak. 

Robin Verner