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L'Ukraine accuse la Russie d'"invasion directe" après l'entrée du convoi humanitaire

Les camions du convoi humanitaire russe ont passé la frontière avec l'Ukraine vendredi tôt dans la matinée.

Les camions du convoi humanitaire russe ont passé la frontière avec l'Ukraine vendredi tôt dans la matinée. - Andrey Kronberg - AFP

La Russie a décidé sans plus attendre d'envoyer de l'aide humanitaire en Ukraine. Kiev craint qu'il ne s'agisse d'une opération militaire déguisée.

Plusieurs camions du convoi humanitaire russe controversé ont passé vendredi la frontière ukrainienne et ont atteint les douanes ukrainiennes, en zone de transit, vers Lougansk. L'Ukraine a réagi dans la matinée par la voix de son chef des services de sécurité, qui a accusé la Russie d'"invasion directe" après l'entrée du convoi sur le sol ukrainien sans attendre l'inspection de Kiev.

"Nous disons que c'est une invasion directe. Il s'agit de véhicules militaires sous le couvert cynique de la Croix-Rouge", a ainsi déclaré Valentin Nalivaïtchenko, le directeur du SBU ukrainien, cité par l'agence Interfax-Ukraine. L'Union européenne a quant à elle déploré la décision russe de faire entrer son convoi en Ukraine "sans escorte de la Croix-Rouge ni accord ukrainien", y voyant une "claire violation de la frontière".

Inspection par les douaniers

Moscou avait décidé plus tôt dans la matinée d'envoyer sans plus attendre vers l'est de l'Ukraine son convoi humanitaire, stationné à la frontière depuis plus d'une semaine, estimant que tous les "prétextes" pour le retarder avaient été épuisés, a annoncé vendredi le ministère des Affaires étrangères.

Les premiers camions du convoi ont été inspectés jeudi par les gardes-frontières et les douaniers ukrainiens, une procédure indispensable pour que le Comité international de la Croix Rouge (CICR) puisse ensuite distribuer l'aide.

Des garanties de sécurité incomplètes?

Les autorités ukrainiennes craignent que le convoi ne fasse l'objet d'une provocation de la part des insurgés et ne serve de prétexte à une intervention russe. Elles ont averti que l'acheminement de l'aide ne se ferait qu'avec des "garanties" pour sa sécurité, précisant que la Russie est "entièrement responsable" de la sécurité de son convoi. De son côté, la Croix-Rouge a déclaré qu'elle n'escorte pas le convoi, faute de "garanties de sécurité suffisantes".

Moscou estime que "toutes les garanties indispensables ont été données" et que "l'itinéraire" prévu pour le convoi avait été "vérifié" par le CICR. La diplomatie russe a répété que "la responsabilité de possibles conséquences de provocations dirigées contre le convoi" revenait "totalement" à Kiev.

Vendredi matin, une porte-parole du CICR avait cependant indiqué à l'agence russe Interfax que l'organisation ne disposait pas encore de "garanties de sécurité".

A. G. avec AFP