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L'Ecosse, et maintenant?

L'Ecosse ne sera pas indépendante mais gagne en autonomie au sein du Royaume-Uni.

L'Ecosse ne sera pas indépendante mais gagne en autonomie au sein du Royaume-Uni. - Andy Buchanan - AFP

Le verdict des urnes est tombé, les Écossais n'ont pas voulu de l'indépendance et restent donc rattachés au Royaume-Uni. Le référendum historique de jeudi aura toutefois des conséquences qui pourraient bien, à terme, changer la Grande-Bretagne.

Le Royaume reste uni. Le référendum sur l'autodétermination qui s'est déroulé, jeudi en Ecosse, a certes vu le "non" l'emporter largement face au "oui", de 55,3% face à 44,7%. Si les concessions annoncées sont nombreuses, reste désormais à savoir si toutes les promesses faites vont être tenues. Et le cas échéant, le message envoyé par la population écossaise sera-t-il correctement entendu ? Rien n'est moins sûr.

Une nouvelle Ecosse ?

L'Ecosse arbore-t-elle un nouveau visage, ce vendredi ? Certes, le pays ne deviendra pas un nouvel Etat à part entière, selon le verdict des urnes. Une chose apparaît toutefois comme certaine : les Écossais, dans leur ensemble, veulent désormais autre chose. "Cette longue campagne, deux ans et demi tout de même, a impliqué l'ensemble de la société, dans des proportions très surprenantes par rapport aux périodes qui précédent les autres élections", s'étonne ainsi Nathalie Duclos, auteur de L'Ecosse en quête d'indépendance? Le référendum de 2014 (PUPS). "Des populations qui d'habitude ne votent pas se sont impliquées. Tout le monde a débattu", explique-t-elle à BFMTV.com. Une bonne nouvelle, donc, pour l'exercice démocratique en Grande-Bretagne.

Deux camps, pour un même message

Les différences qui ont opposé les Écossais lors de cette campagne référendaire ne sont pas si profondes que ça. Contrairement aux apparences, la société écossaise n'est pas aujourd'hui scindée en deux, entre les partisans défaits de l'indépendance et la majorité, attachée au Royaume-Uni. "Ce référendum est déterminant tant l'engagement citoyen qu'il a suscité est important", insiste cette universitaire, membre du Laboratoire Cultures anglo-saxonnes à Toulouse Jean-Jaurès. Pour rappel, en se mobilisant massivement avec près de 84,6% de participation, record absolu, les Écossais ont envoyé un message clair à Londres.

"Il n'y avait pas une grande polarisation entre le camp du Yes et celui du No, car il y avait un large consensus sur la nécessité du changement", affirme cette experte. "Le débat portait plus sur quelles modalités donner à ce changement ? Dans quel cadre peut-il arriver, au sein du Royaume-Uni ou d'un Etat à part entière ?" Avant même le résultat du référendum, David Cameron a enchaîné les gestes envers l'Ecosse. "Nous avons déjà transféré des pouvoirs sous ce gouvernement et nous allons le faire à nouveau lors de la prochaine législature", a annoncé vendredi matin le Premier ministre britannique, juste après la victoire du "non".

Des promesses (trop) techniques ?

Reste à savoir si les réponses de Londres satisferont ce besoin de changement. Nathalie Duclos se montre bien prudente à ce sujet. "Si le gouvernement de Londres tient ses promesses, il y aura des changements constitutionnels ", explique-t-elle.

"Or il y a eu une demande forte pour du changement d'ordre social, d'ordre économique. Les promesses faites ce vendredi matin sont très techniques. Il ne faut pas qu'elles portent uniquement sur le fonctionnement, mais qu'elles aient un vrai impact politique et économique", prévient la spécialiste du monde anglo-saxon. "Dans le cas contraire, elles risquent d'exacerber la déception du camp du oui". Et faire regretter le choix des partisans du "non" ? Là aussi, seul le temps a la réponse.

Jérémy Maccaud