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EDITO - Les 4 enseignements du vote écossais

En Ecosse, après l'annonce des résultats du vote.

En Ecosse, après l'annonce des résultats du vote. - AFP

Les Ecossais ont rejeté l'indépendance de leur pays en votant jeudi à une nette majorité en faveur du maintien au sein du Royaume-Uni, un résultat salué par les marchés financiers et les dirigeants britanniques et européens.

Les Ecossais ont rejeté l'indépendance de leur pays en votant jeudi à une nette majorité en faveur du maintien au sein du Royaume-Uni, un résultat salué par les marchés financiers et les dirigeants britanniques et européens.

Quels enseignements tirés de ce scrutin?

Un très bon résultat pour l'Europe Les Européens n'ont pas besoin d'un État de plus sur le continent européen, mais le savaient-ils? L'Union européenne s'est épargné ce jeudi un nouveau candidat. L'OTAN n'a pas à se demander que faire de ce bout de territoire qui souhaiterait le quitter afin d'embrasser le non-alignement, d'autant plus que les bases de sous-marins lanceurs d'engins britanniques sont domiciliées dans des lochs! Alors que l'Europe de la défense bat de l'aile, une Écosse neutre aurait été nuisible pour l'Alliance. Et l'effet de freinage sur le cas catalan sera puissant.

  • Un non "national" écossais

En revanche, le Royaume-Uni a besoin de la "nation" écossaise. Pratiquement tous les politiques, les "politiciens" comme disent sans malice les anglophones, sont clairs sur un point: les Écossais sont une nation. Le referendum a été vécu comme l'expression d'une volonté nationale. Ce qui a été préservé est plus "une union politique" avec l'Angleterre et le Pays de Galles, consentie il y a trois siècles par le parlement écossais de l'époque, en 1707.

Merci Gordon Brown, le travailliste écossais

Autre enseignement de ce vote: Gordon Brown, ancien Premier ministre travailliste, a dominé David Cameron, en imposant une dévolution approfondie (pouvoirs renforcés), "devo max". Ce vendredi matin, Brown est considéré comme l'un des artisans de la victoire du "non" et David Cameron a dû abattre ses cartes: donner des pouvoirs renforcés à l'Ecosse. Et il y aura aussi des dévolutions pour le Pays de Galles et pour l'Angleterre!

  • Fédéralisation: surprise du lendemain

Curieusement, Nigel Farage, cet hyper-souverainiste europhobe, a trouvé des mots justes: c'eût été mieux "d'avoir une dévolution accrue il y a 18 mois", et c'eût été mieux de lancer un grand débat sur une fédéralisation du Royaume-Uni. Fédéralisation est la nouvelle donne, même bien au-delà Nigel Farage, on l'entend déjà sur toutes les lèvres, y compris et tout d'abord de David Cameron.