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Julian Assange reconnu coupable d'avoir violé les conditions de sa liberté provisoire 

Le parquet a décidé de classer sa plainte sans suite, estimant que la procédure n'irait pas plus loin, en raison de multiples complications

Le parquet a décidé de classer sa plainte sans suite, estimant que la procédure n'irait pas plus loin, en raison de multiples complications - AFP

Arrêté ce jeudi à Londres, Julian Assange comparaît désormais devant un tribunal de la capitale britannique. Il encourt 5 ans de prison pour "piratage informatique" aux États-Unis, et un an de prison pour violation des conditions de sa liberté provisoire.

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a été reconnu coupable ce jeudi par le tribunal de Westminster, à Londres, d'avoir violé les conditions de sa liberté provisoire, un délit passible d'un an de prison.

L'Australien de 47 ans a été arrêté jeudi en vertu d'un mandat de juin 2012 délivré par la justice britannique, pour non présentation au tribunal, et d'une "demande d'extradition américaine", selon la police britannique. Une autre audience concernant la demande d'extradition américaine aura lieu le 2 mai.

Ce jeudi, la juge Emma Arbuthnot a estimé que Julian Assange était "un narcissique incapable de voir au-delà de son propre intérêt" et l'a déclaré coupable. La sentence sera rendue à une date ultérieure non précisée.

Branle-bas de combat chez ses soutiens

Se pose à présent la question d'une éventuelle extradition de l'Australien vers les Etats-Unis, où il est inculpé d'association de malfaiteurs en vue de commettre un "piratage informatique", a révélé le ministère américain de la Justice. Cette peine est passible d'une peine maximum de cinq ans de prison, précise le ministère dans un communiqué.

Son arrestation a provoqué un branle-bas de combat chez ses soutiens qui ont dénoncé la décision "illégale" de l'Equateur et les conditions de cette arrestation.

Sur Twitter, WikiLeaks a reproché à ce pays sud-américain d'avoir "illégalement mis fin à l'asile politique accordé à Julian Assange, en violation du droit international" et d'avoir "invité" la police britannique dans l'enceinte de l'ambassade. Moscou, qui a exprimé à plusieurs reprises sa sympathie pour le fondateur de Wikileaks, a accusé Londres d'"étrangler la liberté", tandis que l'ex-président équatorien Rafael Correa a qualifié son successeur Lenin Moreno de "traître".

Des critiques jugées "totalement infondées" par le secrétaire d'Etat britannique pour l'Europe et les Amériques, Alan Duncan. "Ses droits n'ont pas été violés. Nous avons tout fait correctement dans le respect du droit international et en coopération avec le gouvernement de l'Équateur", a-t-il affirmé.

"Pas un héros"

Le président équatorien Lenin Moreno a défendu sur Twitter le retrait de l'asile accordé à Julian Assange, une décision présentée comme "souveraine" et prise "après ses violations répétées des conventions internationales et des protocoles de la vie quotidienne". La nationalité équatorienne, qui avait été accordée à Julian Assange en 2017, lui a aussi été retirée.

"Il n'a respecté aucune de ses obligations et cela a obligé l'Equateur à mettre en vigueur en octobre dernier un protocole spécial sur la cohabitation dans une ambassade (...), il a continué à enfreindre ce protocole.", a déclaré l'ambassadeur d'Equateur à Londres Jaime Marchan.

Tandis que les soutiens du fondateur de WikiLeaks le voient en héraut de la liberté, pour le gouvernement britannique c'est un justiciable comme les autres. "Personne n'est au-dessus des lois" a déclaré la Première ministre Theresa May au Parlement tandis que le chef de la diplomatie Jeremy Hunt a jugé dans un communiqué que Julian Assange n'était "pas un héros". M. Moreno a dit avoir obtenu "par écrit" de Londres la garantie que l'Australien ne serait pas extradé vers un pays où il risque la peine de mort.

Mais la rapporteure de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires, Agnès Callamard, a déclaré qu'en l'expulsant de l'ambassade, l'Equateur fait courir à Julian Assange "un risque réel de graves violations de ses droits fondamentaux".

Jeanne Bulant avec AFP