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Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, arrêté à Londres

Julian Assange

Julian Assange - AFP

La police britannique a expliqué avoir été invitée à pénétrer dans l'ambassade d'Equateur à Londres ce jeudi. Le pays a révoqué le statut d'asile dont bénéficiait le lanceur d'alerte.

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, réfugié depuis sept ans dans l'ambassade d'Equateur, à Londres, a été arrêté, a annoncé ce jeudi Scotland Yard.

"Julian Assange a été arrêté aujourd'hui, jeudi 11 avril, par des agents du service de la police métropolitain (MPS) à l'ambassade d'Équateur", a annoncé Scotland Yard.

Assange fera face à la justice britannique

L'arrestation a été menée en vertu d'un mandat délivré par le tribunal londonien de Westminster Magistrates pour non présentation au tribunal. Julian Assange a été placé en garde à vue dans un commissariat londonien et sera "présenté au tribunal de Westminster dès que possible".

Les Etats-Unis avaient également formulé une "demande d'extradition", a annoncé la police britannique.

Cheveux et barbe blanche, Julian Assange a été porté hors de la représentation diplomatique équatorienne peu après 11h00 par six policiers habillés en civil jusqu'à un fourgon de police.

L'arrestation a été confirmée par le ministre britannique de l'Intérieur, Sajid Javid. "Près de 7 ans après être entré à l'ambassade équatorienne, je peux confirmer que Julian Assange est actuellement en garde à vue et fera face à la justice au Royaume-Uni", a tweeté Sajid Javid, ajoutant que "personne n'est au-dessus des lois".

Révocation "illégale" du statut d'asile

Cette arrestation fait suite au retrait, par l'Equateur, du statut d'asile dont bénéficiait le lanceur d'alerte. Le président équatorien a défendu cette décision présentée comme "souveraine" et prise "après ses violations répétées des conventions internationales et des protocoles de la vie quotidienne". Depuis octobre, Quito appliquait au fondateur australien de WikiLeaks un protocole qui régule notamment ses visites et ses communications à l'intérieur de la légation, et prévoyait aussi que son non-respect implique un retrait de l'asile.

Quito a par ailleurs retiré la nationalité équatorienne à Julian Assange, selon le ministère des Affaires étrangères.

Le site d'informations Wikileaks a dénoncé une révocation "illégale", en violation du droit international, de l'asile politique accordé à Julian Assange. L'ex-président équatorien Rafael Correa, exilé en Belgique depuis 2017, a accusé ce jeudi son successeur Lenin Moreno d'être responsable de l'arrestation du fondateur de Wikileaks Julian Assange à Londres, le qualfiant de "plus grand traître de l'histoire latino-américaine".

"Cela met la vie d'Assange en danger et humilie l'Equateur. Jour de deuil mondial", écrit Rafael Correa sur son compte Twitter, dénonçant également "un crime que l'humanité n'oubliera jamais".

De son côté, Moscou a rapidement réagi en accusant Londres d'"étrangler la liberté".

"10 millions de documents" révélés par Wikileaks

Julian Assange était réfugié depuis 2012 dans l'ambassade pour éviter d'être extradé vers la Suède, où il était accusé de viol, un dossier depuis classé. L'Australien de 47 ans, naturalisé équatorien en 2017, était sous le coup d'un mandat d'arrêt britannique pour violation de ses conditions de liberté surveillée. Ses soutiens redoutent avec cette arrestation qu'il soit extradé vers les Etats-Unis pour la publication en 2010 sur son site de milliers de documents confidentiels du département d'Etat et du Pentagone.

Il a fondé en 2006 Wikileaks, qui s'est fait connaître du grand public trois ans plus tard avec la publication de centaines de milliers de messages de bipeurs envoyés aux Etats-Unis le 11 septembre 2001. L'ONG est ensuite allée crescendo dans ses révélations, publiant la vidéo d'une bavure de l'armée américaine en Irak, puis des milliers de documents militaires sur l'Afghanistan. Au total, le site revendique avoir publié "plus de 10 millions de documents" concernant la finance, le divertissement ou la politique.

Ambre Lepoivre avec AFP