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Jérusalem: situation tendue autour de l'esplanade des Mosquées

Des Palestiniens musulmans prient devant le Vieille ville de Jérusalem, le 25 juillet 2017

Des Palestiniens musulmans prient devant le Vieille ville de Jérusalem, le 25 juillet 2017 - Ahmad GHARABLI, AFP

Les musulmans refusent toujours d'aller prier sur l'esplanade des Mosquées malgré le retrait des détecteurs de métaux.

La situation restait tendue mercredi entre Israéliens et Palestiniens autour de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem malgré le retrait de détecteurs de métaux controversés, suscitant la crainte d'une éruption de violence lors de la grande prière du vendredi.

Le calme est revenu

Des échauffourées entre manifestants palestiniens et forces de l'ordre israéliennes ont éclaté tard mardi soir aux abords de la Vieille ville de Jérusalem où est située l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam. Ces heurts ont fait 13 blessés palestiniens, selon le Croissant-Rouge palestinien.

Mercredi matin, la Vieille ville était calme mais les fidèles musulmans refusaient toujours d'entrer sur l'esplanade et priaient dans les rues adjacentes comme ils le font depuis plus une dizaine de jours, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les tensions étaient montées brusquement autour de ce site religieux situé à Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville occupée par Israël, après l'installation le 16 juillet par l'Etat hébreu de détecteurs de métaux aux entrées de l'esplanade.

Des musulmans palestiniens prient dans la Vieille ville de Jérusalem, à l'extérieur de l'esplanade des Mosquées, le 25 juillet 2017
Des musulmans palestiniens prient dans la Vieille ville de Jérusalem, à l'extérieur de l'esplanade des Mosquées, le 25 juillet 2017 © AHMAD GHARABLI, AFP

Les musulmans palestiniens y avaient vu une tentative d'Israël d'augmenter son contrôle sur ce site, administré par la Jordanie.

Les autorités israéliennes avaient elles justifié ce dispositif par le fait que les assaillants qui avaient tué deux policiers israéliens le 14 juillet avaient dissimulé des armes sur ce site et en étaient sortis pour mener leur attentat.

Cinq Palestiniens ont trouvé la mort la semaine dernière au cours des affrontements qui ont éclaté après l'installation des détecteurs. Trois Israéliens ont également été tués pendant la même période par un Palestinien dans une colonie israélienne en Cisjordanie occupée.

Après d'intenses pressions de la communauté internationale qui craignait une contagion de la violence, Israël a finalement accepté de retirer les détecteurs de métaux mardi.

Les forces de sécurité israéliennes démontent les détecteurs de métaux de l'esplanade des Mosquées le 24 juillet 2017 à Jérusalem
Les forces de sécurité israéliennes démontent les détecteurs de métaux de l'esplanade des Mosquées le 24 juillet 2017 à Jérusalem © Ahmad GHARABLI, AFP

Mais le gouvernement a indiqué qu'il les remplacerait "par une inspection de sécurité basée sur des technologies avancées et sur d'autres moyens" au grand dam des autorités musulmanes qui ont maintenu la consigne de boycott du site.

Caméras de surveillance 

Selon le quotidien israélien Haaretz, citant des sources de police, le gouvernement israélien veut mettre en place un réseau de caméras de surveillance sophistiquées, reposant sur une technologie de reconnaissance biométrique.

Pour identifier d'éventuels suspects, le système utiliserait une base de données de photos qui pourraient provenir de la police, du Shin Bet, le service de sécurité intérieure et de ministères, précise le journal.

Les autorités musulmanes et le président palestinien Mahmoud Abbas ont indiqué mardi qu'ils n'accepteraient aucune mesure alternative aux détecteurs de métaux et ont exigé un retour pur et simple à la situation d'avant le 14 juillet.

"Tant que toutes les mesures (de sécurité) ne reviennent pas à ce qu'elles étaient avant le 14 juillet, il n'y aura pas de changement" au gel de la coopération avec Israël, a déclaré mardi soir le président palestinien.

Les entrées de l'esplanade où se trouvent la mosquée Al-Aqsa et le dôme du Rocher sont contrôlées par Israël, qui l'appelle Mont du Temple, le lieu le plus saint du judaïsme, mais elle est gérée par la Jordanie. Les musulmans peuvent y aller à toute heure. Les juifs ne peuvent y pénétrer qu'à certaines heures et n'ont pas le droit d'y prier.

C.Br. avec AFP