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Japon: amende salée pour des employeurs après le suicide d'un salarié

Un salarié employé dans un fastfood japonais s'est suicidé en 2010 à cause d'une trop grande fatigue (photo d'illustration).

Un salarié employé dans un fastfood japonais s'est suicidé en 2010 à cause d'une trop grande fatigue (photo d'illustration). - Yoshikazu Tsuno - AFP

Au Japon, le travail peut tuer. En 2010, un salarié a mis fin à ses jours, épuisé des 190 heures supplémentaires qu'il effectuait chaque mois. Ce mercredi, la Cour de Tokyo lui a rendu justice en condamnant ses employeurs à 400.000 euros d'amende.

Il s'est suicidé de fatigue. La Cour de Tokyo lui donne raison. Les patrons de la chaîne de restauration Sun Challenge et deux de ses dirigeants ont été condamnés mercredi à payer l'équivalent de 400.000 euros de dommages à la famille d'un homme qui s'était suicidé à force d'effectuer près de 200 heures supplémentaires par mois.

"Un travail sans relâche et un harcèlement hiérarchique sont à l'origine des troubles mentaux qui ont conduit la victime à se donner la mort", a déclaré le juge lors du verdict.

Mort par excès de travail

L'homme, qui est décédé en 2010, était âgé de 24 ans. Il avait commencé à travailler pour Sun Challenge en 2007 et avait été nommé à la tête d'un des restaurants de la chaîne en juillet 2009. Au cours des sept mois précédant son suicide, il avait effectué en moyenne 190 heures supplémentaires par mois et avait pris seulement deux jours de congé. Il avait également subi des violences physiques et des attaques verbales de son supérieur.

"Le verdict est une décision qui fera date et devrait encourager les travailleurs en souffrance à se défendre", a déclaré l'avocat de la famille.

La mentalité de dévouement à l'entreprise perdure au Japon, et pousse de nombreux salariés à accepter de trimer au détriment de leur famille et de leur santé, au risque d'y perdre la vie. Les Japonais ont même un terme pour ça: "karoshi", qui signifie "mort par excès de travail".

A.Dt. avec AFP