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Israël interdit la venue des élues américaines Rashida Tlaib et Ilhan Omar, adversaires de Trump

Ilhan Omar lors de la conférence de presse commune des quatre élues démocrates attaquées par Donald Trump, lundi 15 juillet

Ilhan Omar lors de la conférence de presse commune des quatre élues démocrates attaquées par Donald Trump, lundi 15 juillet - Alex Wroblewski - GETTY IMAGES NORTH AMERICA - AFP

Accusées de soutenir le boycott anti-israélien, Ilhan Omar et Rashida Tlaib, les deux premières femmes musulmanes élues au Congrès aux Etats-Unis, ont été interdites de visite en Israël. Une décision désapprouvée par les associations juives américaines.

Les autorités israéliennes ont interdit jeudi à deux élues américaines d'entrer en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés en raison de leur soutien à la campagne de boycott de l'Etat hébreu et à la suite d'une demande du président Donald Trump.

Antisémitisme

Ilhan Omar et Rashida Tlaib, les deux premières femmes musulmanes élues au Congrès et membres de l'aile gauche du Parti démocrate américain devaient se rendre ce week-end en Israël et dans les territoires palestiniens.

Mais le président des États-Unis a appelé jeudi matin par un tweet le gouvernement israélien à empêcher cette visite, estimant qu'Israël, proche allié de Washington choyé comme rarement depuis son arrivée à la Maison Blanche, ferait preuve d'une "grande faiblesse" en autorisant la venue d'élues américaines, qu'il accuse d'antisémitisme.

Affront

Dans la foulée, le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé l'interdiction d'entrée, estimant que leur visite s'inscrivait dans le cadre "d'activités de boycott anti-israélien".

"Ces élues utilisent la scène internationale pour apporter leur soutien aux associations BDS qui appellent au boycott d'Israël", est-il précisé dans un communiqué du Premier ministre, justifiant sa décision sur la base d'une loi israélienne permettant depuis 2017 d'interdire l'entrée en sol israélien aux partisans du mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions). Ce mouvement appelle au boycott économique, culturel ou scientifique d'Israël afin de protester contre l'occupation des Territoires palestiniens.

Cette décision a été qualifiée "d'affront" par Ilhan Omar:

"Que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, sous la pression de Donald Trump, refuse l'entrée (en Israël et dans les Territoires palestiniens) de deux représentantes de l'Etat américain, représente un affront", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Israël ne fait pas acte de "sagesse"

La décision d'Israël a suscité de vives critiques aux États-Unis, jusque dans les rangs de fervents soutiens de l'Etat hébreu. Le puissant lobby américain pro-Israël Aipac a ainsi pris nettement ses distances avec l'annonce des autorités israéliennes.

"Nous désapprouvons le soutien des représentantes Omar et Tlaib au mouvement anti-Israël et antipaix BDS, mais nous pensons également que tout membre du Congrès devrait être en mesure de se rendre chez notre allié démocratique Israël pour le découvrir en personne", a affirmé sur Twitter l'Aipac, une organisation dont les membres de l'administration Trump se montrent d'ordinaire très proches.

L'American Jewish Committee (AJC), l'une des plus anciennes organisations de défense de la cause juive, a aussi estimé dans un communiqué que "visiter Israël" était "nécessaire pour mieux comprendre ce pays dynamique et les défis sécuritaires très réels auxquels il est confronté". Tout en dénonçant les intentions prêtées aux deux élues, qui n'envisageaient pas selon cette organisation d'écouter le point de vue israélien durant leur visite, l'AJC a ajouté qu'Israël n'avait pas fait acte de "sagesse". 

"Les conséquences de l'interdiction d'entrée faite à deux membres du Congrès risquent d'être plus graves, aux États-Unis, que le choix inverse", a ajouté l'organisation.
E.P avec AFP