BFMTV

Invasion du Capitole: les bureaux de plusieurs élus saccagés

Mercredi, une foule de supporters de Donald Trump ont investi le Capitole, centre du Congrès américain, à Washington. Ils y ont mis sens dessus dessous les bureaux de plusieurs élus, les pillant parfois, à commencer par celui de Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des Représentants.

Mercredi, après un discours de Donald Trump près de la Maison Blanche, une foule de ses supporters a envahi le Capitole, siège du Congrès américain, interrompant le vote de certification des suffrages des grands électeurs. Une fois à l'intérieur, ces militants pro-Trump persuadés que la défaite de leur champion face à Joe Biden découle d'un complot institutionnel et médiatique ont semblé errer sans but dans les couloirs.

Certains d'entre eux toutefois ont pénétré dans les bureaux des sénateurs et représentants américains, s'y photographiant, les mettant à sac, avant d'emporter des trophées.

Les forces de l'ordre ont réussi à reprendre le contrôle de la situation au bout de plusieurs heures, tandis qu'un couvre-feu a été décrété à Washington. 52 personnes ont été interpellées à ce stade, et quatre manifestants ont perdu la vie: une femme a été tuée par un policier au Capitole, et les autorités ont annoncé trois morts supplémentaires.

Les pieds sur le bureau de Nancy Pelosi

L'intrusion collective entre les murs du Congrès n'a pas manqué de moments photogéniques. Un cliché résume à sa manière la folie de l'instant. On y voit un homme poser ses pieds sur le bureau de Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des Représentants, avachi dans son fauteuil.

Le New York Times est parvenu à retrouver l'occupant du bureau de la "Speaker" à l'extérieur de l'édifice. Richard Barnett dit "Bigo" est ressorti de l'endroit avec une enveloppe à l'en-tête de Nancy Pelosi. Il a réfuté l'avoir volée: "J'ai posé une pièce sur le bureau".

Ce n'est pas la seule chose qu'il y ait déposé. Il y a aussi laissé, de son propre aveu confirmé par les images publiées sur Twitter, une note promettant: "Nous ne reculerons pas"

Des bureaux complètement retournés

Richard Barnett a assuré au New York Times avoir été poussé à l'intérieur des locaux par ses compagnons du jour tandis qu'il se contentait de frapper à la porte de Nancy Pelosi. Avec un peu de fatalisme, il a déclaré: "Je vais probablement devoir répéter que ça s'est passé comme ça d'ici jusqu'en prison".

Il n'est pas le seul à s'être fait plaisir avec le mobilier de la Speaker. NBC News a ainsi immortalisé le grand sourire d'un manifestant emportant avec lui un pupitre frappé par un sceau d'or.

En dehors du bureau de Nancy Pelosi, d'autres ont subi l'assaut des intrus. Les caméras de CNN ont ainsi parcouru des pièces entièrement retournées.

Le drapeau confédéré au Capitole

L'Agence France Presse a gardé trace d'autres débordements, comme la promenade d'un homme brandissant ce drapeau rouge strié de bandes bleues, symbole de la cause du Sud lors de la guerre de Sécession et par extension de l'esclavage puis de la ségrégation, ou encore l'action de militants barricadant une porte.

L'un des émeutiers a également transformé une statue de l'ancien président Gerald Ford en partisan de Donald Trump, avec bannière et casquette.

Cris à la tribune

Les manifestants ont aussi colonisé temporairement la salle où se tiennent les débats entre les représentants. Assis à la tribune, comme pour présider la séance, l'un d'entre eux a hurlé "Trump a gagné l'élection".

Après que la Capitole a été évacué, les parlementaires ont en effet repris leurs travaux. Au bout de la nuit américaine, et ce jeudi matin, ils ont officialisé la victoire de Joe Biden. Donald Trump s'est quant à lui engagé à remettre pacifiquement le pouvoir à ce dernier le 20 janvier prochain, concédant pour la première fois sa défaite. Sans cependant renoncer à sa lecture du scrutin:

"Bien que je sois en total désaccord avec le résultat de l'élection, et que les faits me donnent raison, il y aura malgré tout une transition ordonnée le 20 janvier. (...) Si ce jour marque la fin du meilleur premier mandat de l'histoire de la présidence, ce n'est que le début de notre combat pour rendre sa grandeur à l'Amérique!", a-t-il déclaré dans un communiqué.
Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV