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Ingérence russe: ce que l'on sait de l'affaire Flynn, l'ancien conseiller de Trump

Michael Flynn, ancien conseiller de Donald Trump et éphémère conseiller à la sécurité nationale américaine, a été inculpé par la justice ce vendredi et a annoncé plaider coupable, reconnaissant avoir menti au FBI. Ce rebondissement se situe dans le cadre de l'enquête au sujet de possibles ingérences russes dans la présidentielle américaine et des contacts entre l'équipe de Donald Trump et la Russie.

S'il n'est pas inquiété pour le moment, Donald Trump ne peut qu'être déjà inquiet devant la tournure que prend l'enquête sur de possibles liens entre son équipe de campagne et la Russie, et des ingérences russes lors de cette même présidentielle de 2016. Ce vendredi, le procureur spécial, Robert Mueller, nommé pour faire la lumière dans cette affaire, a annoncé l'inculpation de l'ancien conseiller de campagne puis éphémère conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, Michael Flynn, pour avoir menti "volontairement et sciemment" au FBI. Michael Flynn l'a reconnu et a choisi de plaider coupable, optant ainsi pour la coopération avec les enquêteurs:

"J'admets que les actions que j'ai reconnues aujourd'hui devant le tribunal constituent une grave erreur. Mon plaider coupable et accord pour coopérer avec le bureau du procureur spécial reflète une décision que j'ai prise dans le meilleur intérêt de ma famille et de notre pays. J'accepte l'entière responsabilité de mes actions", a-t-il écrit dans un communiqué. 

Le mensonge du 24 janvier 

Plus précisément, il a reconnu avoir menti le 24 janvier devant le FBI. Contrairement à ce qu'il avait raconté alors, il a bien eu des contacts avec la diplomatie russe entre la victoire de Donald Trump lors de l'élection présidentielle et son entrée en fonction début janvier 2017.

Michael Flynn avait en fait eu deux échanges distincts, les 22 et 29 décembre 2016, avec l'ambassadeur russe aux Etats-Unis Sergueï Kisliak pour discuter des sanctions imposées à la Russie par les Etats-Unis. La controverse judiciaire avait poussé le conseiller à la sécurité nationale à la démission dès le 13 février dernier, après 23 jours d'exercice de ses fonctions. 

Et visiblement, l'apport de Michael Flynn, ancien directeur de la Defense Intelligence Agency, à l'enquête pourrait être majeur. Après avoir réaffirmé ce vendredi que par son attitude initiale et son mensonge Michael Flynn avait "entravé" les investigations, Robert Mueller a en effet pu proclamer que si l'inculpé avait "contacté" les Russes fin 2016 c'était "à la demande d'un très haut responsable" de l'équipe de Donald Trump. S'il n'en a pas dit davantage, d'après la presse américaine, ce "très haut responsable" serait Jard Kushner, gendre et conseiller du président. 

Les raisons du revirement de Flynn 

Michael Flynn est dorénavant le quatrième membre de l'entourage de Donald Trump à être mis en cause dans cette enquête. Fin octobre, Paul Manafort, un temps directeur de la campagne du futur président des Etats-Unis, et son collaborateur Richard Gates avaient été inculpés.

Un ex-conseiller de Donald Trump, George Papadopoulos, avait alors lui aussi reconnu avoir menti au FBI, donnant son assentiment pour travailler avec les fédéraux.

Cependant, l'inculpation de Michael Flynn demeure un événement inédit: il est le premier personnage à avoir participé à l'administration présidentielle Trump à se retrouver en pareille posture. 

Selon ABC News, le revirement de Michael Flynn tient en parti à un sentiment d'abandon éprouvé par le général à la retraite devant le comportement de Donald Trump à son égard ces dernières semaines ainsi qu'au coût possible pour lui au plan financier et judiciaire du maintien d'une attitude récalcitrante devant les magistrats. 

Le clan Trump réagit 

Coopération avec les enquêteurs, sentiment d'abandon de Michael Flynn et déclarations de Robert Mueller: les motifs d'inquiétude pour Donald Trump sont nombreux après cette inculpation d'un ancien membre de son exécutif.

Ty Cobb, l'un des avocats de Donald Trump, a aussitôt cherché à relativiser la menace portée sur l'avenir de son client par l'annonce du plaider coupable de Michael Flynn: "Rien dans le plaider coupable ou les chefs d'inculpation n'implique d'autres personnes que M. Flynn", a indiqué Ty Cobb, le conseil de la Maison Blanche, soulignant, dans une formulation alambiquée, que l'inculpé n'avait été conseiller que pendant "25 jours" dans l'administration Trump et en le qualifiant d'"ancien de l'administration Obama".

Ancien membre du Parti démocrate, Michael Flynn avait été nommé à la tête de la Defense Intelligence Agency par le prédécesseur de Donald Trump à la présidence d'où, sans doute, le lien opéré par le juriste entre Michael Flynn et Barack Obama. 

La joie de Comey

Il y en a un, cependant, que le tableau amuse plutôt: James Comey, ex-directeur du FBI, viré de la direction du Bureau alors qu'il menait l'enquête sur ces hypothétiques ingérences russes dans la campagne présidentielle américaine. Sur Twitter, il a cité le livre bible d'Amos: "Que la justice coule comme les eaux et que la vertu coule comme une rivière qui jamais ne tarit". 

Robin Verner