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Hong Kong: des policiers suspendus après de violents affrontements

Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz au poivre et passé à tabac des manifestants pro-démocratie mercredi à Hong Kong.

Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz au poivre et passé à tabac des manifestants pro-démocratie mercredi à Hong Kong. - Alex Ogle -AFP

Des policiers soupçonnés d'avoir passé à tabac un manifestant pro-démocratie ont été suspendus de leurs fonctions à Hong Kong. La tension est montée d'un cran ce mercredi entre forces de l'ordre et manifestants.

Tout est parti d'une vidéo diffusée par la télévision hongkongaise TVB. On y voit six policiers en civil, en train de traîner un manifestant menotté dans un parc, avant de l'allonger par terre et de le frapper de coups de poings et de pieds. Une agression de quatre minutes, qui a valu aux policiers identifiés d'être suspendus de leurs fonctions. C'est le ministre de la Sécurité de Hong Kong, Lai Tung-kwok, qui annoncé cette suspension, ajoutant qu'une enquête allait également être ouverte. La victime serait membre du Parti civique, l'un des mouvements pro-démocratie de Hong Kong.

L'incident aurait eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi, une nuit particulièrement agitée à Hong Kong, où des affrontements parmi les plus violents depuis le début de la contestation pro-démocratie ont opposé manifestants et forces de police.

Coups de poing, de matraque et spray au poivre

Très tôt ce mercredi, des policiers, portant des casques et boucliers anti-émeute, ont repoussé à coups de poing, de matraque et de jets de spray au poivre les manifestants, tentant de les déloger des barrages tout juste érigés sur Lung Wo Road, une importante avenue qui traverse le quartier d'Admiralty. Les manifestants avaient de leur côté déployé leurs parapluies, emblèmes de la protestation.

Après une heure de confrontation, la police a regagné le contrôle de cette artère proche du siège du chef de l'exécutif hongkongais, Leung Chun-ying, considéré comme une marionnette de Pékin par les manifestants. Les forces de l'ordre ont annoncé avoir arrêté 45 personnes, 37 hommes et 8 femmes.

Les barricades mises en pièces 

Des affrontements avaient déjà eu lieu quelques heures plus tôt, après les tentatives de démantèlement des barricades par les forces de l'ordre. A coups de masses et de tronçonneuses, des centaines de policiers ont détruit mardi les amas d'acier, de plastique et de bois érigés sur deux des trois sites occupés par les frondeurs. Objectif: tenter de dégager le site et de réduire la zone aux mains des protestataires. La circulation a été partiellement rétablie dans le secteur. La police a averti que Mongkok, quartier populaire de Hong Kong réputé être un repaire des triades, la mafia locale, serait le prochain sur la liste.

La population excédée

Les manifestants de la "révolution des parapluies", qui réclament de pouvoir librement élire le prochain chef de l'exécutif hongkongais en 2017, sont de moins en moins populaires auprès de la population. Les blocages en place depuis le 28 septembre ont fortement perturbé l'activité à Hong Kong et la vie quotidienne de ses sept millions d'habitants. Les embouteillages, la congestion des transports en commun, la fermeture des écoles et des commerces, ont fini par exaspérer les Hongkongais qui réclament un retour à la normale.

Mais le chef de file du mouvement étudiant, Alex Chow refuse de capituler. "Le mouvement Occupy ne rendra pas les armes (...) tant que Leung n'aura pas apporté de solution concrète" aux revendications des protestataires.

J.D. avec AFP