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Gaza: pourquoi la situation est si tendue depuis dimanche

Le bâtiment de la télévision du Hamas détruit par les forces israéliennes le 12 novembre 2018

Le bâtiment de la télévision du Hamas détruit par les forces israéliennes le 12 novembre 2018 - MAHMUD HAMS / AFP

La bande de Gaza connaît depuis dimanche soir une escalade de violence, alors que la situation s'était apaisée ces dernières semaines. Ce regain de tension fait redouter une quatrième guerre entre le Hamas et Israël.

Un cessez-le-feu semblait envisageable, et pourtant les tirs de roquettes et les frappes ont repris en masse dimanche à Gaza, après plusieurs semaines d'accalmie. Ces nouvelles confrontations entre Israël et le Hamas sont les plus importantes depuis la guerre de 2014. On vous explique ce nouveau conflit en trois points. 

  • Quel est l'élément déclencheur de ce regain de tension?

La situation s'est envenimée dimanche soir, après qu'une opération secrète des forces spéciales israéliennes a été repérée par le Hamas. Un officier de l’armée israélienne a été abattu, alors qu'il était en mission d'infiltration. Il a été aperçu à l'est de Khan Younès, dans le sud de Gaza, à bord d'un véhicule civil. Des tirs avaient alors éclaté entre le Hamas et l'armée israélienne, marquant le retour des tensions entre les deux camps. 

Les Forces de défense israélienne (FDI) ont précisé que l'officier tué, tout comme les soldats présents avec lui au moment des faits, étaient en mission de collecte de renseignements. Israël poursuivait ses missions d'infiltration ces derniers jours, malgré l'accalmie notable avec le Hamas. 

L'officier israélien tué a été enterré lundi soir dans une grande émotion, en présence des principaux ministres du gouvernement. Ce nouveau conflit est pris très au sérieux par les autorités, qui redoutent une quatrième guerre en dix ans. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a annulé sa rencontre prévue avec Emmanuel Macron à Paris lundi, pour retourner au plus vite en Israël.

  • Pourquoi la situation était plus calme ces derniers temps?

Ce regain de tension soulève de nombreuses interrogations, notamment en raison de son "timing". Car depuis plusieurs semaines, la situation s’était calmée à Gaza. Israël négocie depuis de nombreux jours avec le Hamas, par l'entremise de l'Egypte - comme le Hamas ne reconnaît pas Israël et vice-versa, ils ne discutent pas de manière directe ensemble.

D'après les médias israéliens et arabes, ces négociations seraient extrêmement avancées, un accord imminent de trêve était même annoncé avant la reprise des attaques. Cet accord viserait entre autres à alléger le blocus sur la bande de Gaza, et à permettre à plusieurs milliers de Palestiniens de venir travailler en Israël tous les jours. En contrepartie, le Hamas s’engagerait à faire cesser la violence, notamment à la frontière entre Israël et la bande de Gaza.

Le médiateur égyptien, qui faisait des allers retours très réguliers ces derniers jours, se montrait très optimiste sur l'avancée des négociations. Preuve de l'éclaircie qui planait au-dessus de Gaza, Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, avait laissé entrer dans Gaza plusieurs valises en provenance du Qatar, qui contenaient 15 millions de dollars destinés aux fonctionnaires du Hamas. Il avait également laissé entrer des camions de fioul, qui doivent permettre d'assurer un minimum d'électricité au Hamas.

  • Peut-on toujours espérer une amélioration de la situation?

D'après les autorités israéliennes, l'espoir est toujours permis de convenir à un cessez-le-feu entre les deux camps. Les responsables déclaraient lundi soir que les négociations allaient se poursuivre. Mais de nouveaux affrontements ont eu lieu mardi, toujours plus violents, laissant planer le doute autour d'une réelle négociation. 

Les deux partis ont multiplié leurs renforts ces dernières heures, laissant croire à une continuation des débordements. Des mesures de sécurité ont été mises en place dans les localités israéliennes situées à proximité de Gaza. Les riverains ont été envoyés dans des abris, dans lesquels ils sont confinés, et les classes ont été annulées. Benyamin Netanyahou doit tenir une réunion mardi avec son cabinet de sécurité. L'issue pourrait être déterminante pour savoir si des négociations sont toujours envisageables, ou si la situation s'enfonce dans l'abîme.

Céline Penicaud avec Stéphane Amar