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Gaza: Israéliens et Palestiniens annoncent un cessez-le-feu illimité

Un Palestinien regarde sa maison détruite par une frappe israélienne, le 23 août 2014, à Gaza.

Un Palestinien regarde sa maison détruite par une frappe israélienne, le 23 août 2014, à Gaza. - Thomas Coex - AFP

Un accord de cessez-le-feu permanent a été trouvé entre Israël et le Hamas, ce mardi. Le mouvement islamiste a aussitôt revendiqué la "victoire".

Israël et les Palestiniens ont annoncé ce mardi un accord pour un cessez-le-feu permanent au 50e jour d'une guerre qui a fait plus de 2.100 morts palestiniens, 70 côté israélien, et dévasté la bande de Gaza.

A l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, à 16 heures GMT (18 heures, heure de Paris), des tirs de joie ont résonné dans la ville de Gaza, alors que l'accord prévoit, selon le médiateur égyptien, un allègement du blocus imposé depuis 2006 par Israël et qui asphyxie 1,8 million de Gazaouis.

"Sans condition et illimité dans le temps"

Des responsables palestiniens avaient d'abord annoncé le cessez-le-feu, ensuite confirmé par le président Mahmoud Abbas, tandis que les Israéliens ont attendu jusqu'aux dernières minutes avant son entrée en vigueur pour dire qu'ils avaient accepté "la proposition égyptienne d'un cessez-le-feu sans condition et illimité dans le temps".

Le Hamas, qui a infligé à l'armée israélienne ses plus lourdes pertes depuis 2006 avec 64 soldats tués, a revendiqué la "victoire", assurant avoir défait "la légende de l'armée israélienne qui se dit invincible" et obtenu l'allègement du blocus terrestre et maritime, principale revendication des Palestiniens.

Ouverture des points de passage

Le Caire a indiqué que les deux parties avaient accepté "un cessez-le-feu global et réciproque accompagné de l'ouverture simultanée des points de passage entre la bande de Gaza et Israël afin d'assurer l'entrée rapide de l'aide humanitaire, des secours et des moyens de reconstruction".

Outre les 2.143 morts et les 11.000 blessés, c'est 1,8 million de personnes -soit tous les Gazaouis- qui ont été "affectées" par la guerre, selon le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha). Quelque 475.000 personnes ont été déplacées, tandis que près de 55.000 maisons ont été touchées par les frappes israéliennes, dont au moins 17.200 totalement ou quasi-totalement détruites, de même source.

Date butoir

Les Etats-Unis ont rapidement dit "soutenir totalement" cet accord qui, selon un communiqué de la diplomatie égyptienne, permettra aussi "la poursuite des négociations indirectes (au Caire) entre les deux parties sur les autres sujets dans un délai d'un mois après le début du cessez-le-feu". Mahmoud Abbas a prévenu que les Palestiniens ne s'engageraient pas dans de nouvelles "négociations brumeuses". "Gaza a subi trois guerres en 2008/2009, en 2012 (et en 2014), devons-nous nous attendre à une nouvelle guerre dans un an ou deux? Et jusqu'à quand la question palestinienne restera sans solution ?", a-t-il lancé.

La direction palestinienne se prépare à exiger que la communauté internationale fixe une date butoir pour la fin de l'occupation israélienne des Territoires palestiniens. Si leur exigence n'était pas entendue, alors, disent-ils, ils adhéreront à la Cour Pénale Internationale (CPI) ce qui leur permettrait de poursuivre des responsables israéliens sur le déroulement des opérations dans la bande de Gaza.

L'accord de cessez-le-feu conclu mardi met un terme à 50 jours de violence et plusieurs semaines de négociations, entrecoupées de trêves temporaires régulièrement rompues. Le dernier cessez-le-feu avait tourné court au bout de neuf jours: il y a une semaine, les violences avaient repris de plus belle, tuant 121 Palestiniens et deux Israéliens, portant à cinq le nombre de civils tués en territoire israélien depuis le début de la guerre le 8 juillet. 

Le Hamas crie 'victoire' 

Mardi soir, l'heure était à la célébration côté palestinien. Plusieurs dirigeants du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, et du Jihad islamique, la deuxième force dans l'enclave palestinienne, sont apparus dans la soirée en public pour la première fois depuis 50 jours. Mahmoud Zahar, un haut dirigeant du Hamas dans la bande de Gaza et Mohamed al-Hindi, un leader du Jihad islamique, ont prononcé un discours devant des milliers de Palestiniens dans le quartier de Rimal, dans l'ouest de la ville de Gaza, signe de l'unité née peu avant le conflit.

Pour la première fois en effet, les Palestiniens avaient envoyé au Caire une délégation représentant le Hamas, le Jihad islamique et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) qui chapeaute l'Autorité palestinienne. Le Hamas, qui a infligé à l'armée israélienne ses plus lourdes pertes depuis 2006 avec 64 soldats tués, a revendiqué la "victoire", assurant avoir défait "la légende de l'armée israélienne qui se dit invincible" et obtenu l'allègement du blocus, principale revendication des Palestiniens.

A. S. avec AFP