BFMTV
Europe

Ukraine: offensive "anti-terroriste" de l'armée à Donetsk

De la fumée noire s'élève au dessus de l'aéroport de Donetsk, vu depuis un cimetière.

De la fumée noire s'élève au dessus de l'aéroport de Donetsk, vu depuis un cimetière. - -

Les hélicoptères de l'armée ukrainienne, dans une offensive "anti-terroriste" contre les insurgés qui ont investi l'aéroport dans la nuit, ont touché le principal terminal.

L'armée ukrainienne a lancé lundi ses avions de combats et déployé ses parachutistes pour tenter de reprendre le contrôle de l'aéroport de Donetsk investi par des insurgés quelques heures après la victoire à la présidentielle du milliardaire Petro Porochenko.

Dans une première réaction officielle après le scrutin qui a fortement mobilisé les Ukrainiens, à l'exception des régions de l'Est où les séparatistes prorusses avaient tout fait pour empêcher le vote, la Russie s'est dite "prête au dialogue" avec le futur président.

Ce dernier a annoncé dès dimanche soir qu'il se rendrait dans le Donbass, le bassin minier, coeur de l'insurrection. La réponse des séparatistes n'a pas tardé: ils ont investi de nuit l'aéroport international de Donetsk, manière également de lui rappeler qu'il n'était pas le bienvenu.

Dans l'après-midi, des combats se poursuivaient dans l'enceinte de l'aéroport: fumée noire dans le ciel, bruit de mitrailleuses lourdes et vrombissement des avions de combat dans le ciel après l'annonce par l'armée ukrainienne qu'une "opération anti-terroriste" était en cours. L'aéroport est fermé et les vols annulés.

"On ne négocie pas avec les terroristes"

Quelques heures avant le début de la bataille de l'aéroport, Petro Porochenko, crédité de 54% des suffrages, avait annoncé qu'il poursuivrait l'opération militaire contre les insurgés pour les empêcher de transformer l'est du pays en "Somalie".

"Ceux qui refusent de déposer les armes sont des terroristes et on ne négocie pas avec les terroristes. Leur objectif est de transformer le Donbass en Somalie", a lancé M. Porochenko au cours d'une conférence de presse. "Je ne laisserai personne faire ceci sur le territoire de notre Etat. J'espère que la Russie soutiendra mon approche".

Le futur président, qui suscite les attentes énormes des Ukrainiens et des Occidentaux pour régler la crise politique qui enfle depuis plus de six mois, a confirmé l'orientation qu'il comptait donner à sa politique: en route vers l'intégration européenne.

Premier signe de sa volonté d'accrocher l'Ukraine à l'Europe: une "très probable" visite dès le 4 juin à Varsovie où l'a invité le président Bronislaw Komorowski.

Il a également indiqué souhaiter conserver à son poste le Premier ministre par intérim Arseni Iatseniouk qui dirige depuis le 27 février le gouvernement et a négocié avec les Occidentaux une aide de 27 milliards de dollars à l'Ukraine.

La Russie "prête au dialogue"

La Russie s'est dite "prête au dialogue avec Petro Porochenko", sans toutefois indiquer qu'elle reconnaissait la légitimité du nouveau président.

"Nous sommes prêts à un dialogue pragmatique, sur un pied d'égalité, basé sur le respect de tous les accords, en particulier dans le domaine commercial, économique et gazier et en ayant en vue la recherche de solutions aux problèmes existant actuellement entre la Russie et l'Ukraine", a indiqué le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Paris a félicité le futur chef de l'Etat ukrainien et l'a appelé à mener des réformes "dans un esprit d'apaisement, de stabilité et de dialogue national".

Pour sa part, l'Union européenne a exprimé son souhait de travailler "étroitement" avec Petro Porochenko afin de stabiliser la situation politique et économique du pays.

L'UE avait attendu pour réagir que l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) déclare que l'élection a été "conforme aux normes démocratiques". L'OSCE, qui avait déployé un millier d'observateurs, a souligné que le scrutin offrait à son vainqueur "la légitimité" pour dialoguer avec l'Est séparatiste.

S. C. avec AFP