BFMTV

Ukraine: ballet diplomatique avec la Russie et les Etats-Unis à Paris

François Hollande, Sergueï Lavrov, John Kerry et Laurent Fabius sur la terrasse de l'Elysée, mercredi.

François Hollande, Sergueï Lavrov, John Kerry et Laurent Fabius sur la terrasse de l'Elysée, mercredi. - -

Les différents ministres des Affaires étrangères occidentaux et russe se sont retrouvés à Paris pour la première fois depuis la crise en Ukraine, qui continue de s'aggraver sur le terrain.

Un nouveau pas semble avoir été franchi mercredi dans la résolution de la crise qui déchire l'Ukraine, entre pro-Russes et anti-Ianoukovitch. Après plusieurs jours d'une escalade verbale à intensité sans précédent entre Moscou et Washington depuis la chute de l'Union soviétique, les chefs des diplomaties américaine et russe, John Kerry et Sergueï Lavrov, se sont retrouvés à l'Elysée. Et Vladimir Poutine a discuté "scénarios" de sortie de crise avec la chancelière allemande Angela Merkel.

>> Retrouvez le déroulé de la journée heure par heure ici.

Lavrov rencontre Kerry, mais pas son homologue ukrainien

• Un face-à-face entre Kerry et Lavrov. Officiellement venus pour discuter de la situation au Liban sur l'invitation de François Hollande, les deux ministres des Affaires étrangères ont profité d'un aparté sur la terrasse ensoleillée du palais présidentiel français pour parler de l'Ukraine, avec leurs homologues allemand et français, Frank-Walter Steinmeier et Laurent Fabius. La situation "a bougé dans le bon sens", s'est félicité dans la soirée ce dernier.

• Rendez-vous manqué. Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andrii Dechtchitsa, se trouvait également en début de soirée au Quai d'Orsay. Mais il n'a pas rencontré son homologue russe. Sergueï Lavrov a néanmoins promis "la poursuite des discussions" dans les prochains jours. Quant au président russe Vladimir Poutine, il a discuté avec la chancelière allemande Angela Merkel de "scénarios" pouvant permettre une "normalisation" de la situation en Ukraine, à l'initiative de cette dernière. Un véritable jeu de cache-cache, comme le raconte notre journaliste, Benoît Petit:

• L'Otan prend ses distances avec la Russie. La pression reste néanmoins très forte sur la Russie. Mercredi soir, l'Otan a décidé de renforcer sa coopération avec l'Ukraine et de réexaminer celle avec la Russie, avec la suspension de certaines initiatives communes Otan-Russie, a déclaré son secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen, qui a évoqué un "message très clair" pour aider à la "désescalade" de la situation.

• Un plan d'aide européen. Parallèlement, les Européens ont présenté un plan d'aide massif d'au moins 11 milliards d'euros sur deux ans en faveur de l'Ukraine, à la veille du sommet européen extraordinaire sur la crise dans ce pays.

Sur le terrain, les affrontements se poursuivent

Ce ballet diplomatique entre des ministres rompus aux discussions sensibles et aux négociations difficiles devait permettre de trouver une sortie de crise. Paris et Berlin devaient ainsi proposer un plan revenant sur certains points de l'accord du 21 février conclu à Kiev, alors que la situation s'enlise sur le terrain.

En Crimée, soldats ukrainiens et forces russes se font en effet face dans les bases et aéroports militaires de la péninsule du sud de l'Ukraine depuis le déploiement le 28 février de milliers d'hommes armés vêtus d'uniformes sans écusson militaire, mais que la population comme les journalistes sur place définissent aisément comme des soldats russes. Le ministre Sergueï Lavrov a continué mercredi de démentir tout envoi de forces russes en Ukraine.

De son côté, l'émissaire de l'ONU en Ukraine a été menacé par des miliciens pro-russe à son arrivée.

A. G. avec AFP