BFMTV

Présidentielle en Ukraine: qui sont les principaux candidats?

Des supporters de l'ancienne Première ministre Ioulia Timochenko distribuent des calendriers à son effigie, dans la ville de Lviv, le 19 mai.

Des supporters de l'ancienne Première ministre Ioulia Timochenko distribuent des calendriers à son effigie, dans la ville de Lviv, le 19 mai. - -

Les Ukrainiens sont appelés aux urnes, ce dimanche, pour élire leur nouveau président, après plusieurs mois de crise. Sur les 21 candidats en lice, trois sortent véritablement du lot dans les sondages. Portraits.

Qui succédera à Viktor Ianoukovitch? L'Ukraine vote, ce dimanche, pour se doter d'un nouveau président, trois mois après la destitution de l'ancien chef de l'Etat, le 22 février dernier. Alors que les tensions perdurent, dans l'Est russophone du pays, où militaires envoyés par Kiev et séparatistes pro-russes s'affrontent sporadiquement, l'élection, très attendue par les Occidentaux, doit permettre de tourner la page des années Ianoukovitch et redonner un dirigeant légitime à ce pays menacé de partition.

Au total, 21 candidats sont en lice pour le scrutin. Si aucun d'entre eux ne parvient à recueillir 50% des suffrages exprimés dès le premier tour, un second tour sera organisé le 15 juin entre les deux vainqueurs de dimanche. Zoom sur les trois candidats qui se démarquent le plus dans cette course à la tête de l'Etat.

> Porochenko, le favori

Petro Porochenko, en mars 2014, à Paris.
Petro Porochenko, en mars 2014, à Paris. © -

Surnommé "le roi du chocolat", ce milliardaire de 48 ans -il est l'une des dix plus grandes richesses du pays- a fait fortune dans le cacao. Les sondages le placent largement en tête devant ses adversaires, et certains instituts le donnent même vainqueur dès le premier tour. Ainsi, une dernière enquête publiée mardi le crédite de 53.2% des voix.

Député à la Rada de 1998 à 2007, ministre des Affaires étrangères pendant quelques mois entre 2009 et 2010, puis ministre du Commerce sous la présidence de Viktor Ianoukovitch, cet oligarque pro-européen considéré comme un homme de compromis capable de dialoguer avec Moscou, a reçu, à la fin du mois de mars, le soutien précieux de l'ancien boxeur Vitali Klitschko, un des leaders de la protestation pro-européenne née fin 2013, qui s'est désisté en sa faveur.

> Timochenko, l'icône déchue

Ioulia Timochenko, le 30 avril 2014, à Rivne, en Ukraine.
Ioulia Timochenko, le 30 avril 2014, à Rivne, en Ukraine. © -

Après deux ans et demi passés en prison, la pro-européenne Ioulia Timochenko rêvait d'un retour en grâce sur le devant de la scène politique. Mais la présidentielle de dimanche devrait marquer son échec. Loin derrière son rival Porochenko dans les sondages, qui lui prédisent à peine 10% des voix, l'ancienne Première ministre, âgée de 53 ans, est revenue dans le jeu politique le 22 février, jour de la destitution de Viktor Ianoukovitch. Fraîchement libérée, elle était apparue en fauteuil roulant sur le Maïdan, la place de l'Indépendance de Kiev, symbole de la protestation pro-européenne, face à une foule mitigée.

Icône de la "révolution orange" de 2004, l'ex-femme forte du pays a été oubliée par les Ukrainiens pendant son emprisonnement. Ioulia Timochenko avait été condamnée en 2011 à sept ans de prison pour avoir signé un accord gazier avec Moscou à des conditions jugées défavorables à l'Ukraine. Elle est également soupçonnée de complicité dans le meurtre d'un député.

> Tihipko, le troisième homme

Serhiy Tihipko en juin 2009, à Kiev.
Serhiy Tihipko en juin 2009, à Kiev. © -

Déjà candidat à la présidentielle de 2010, Serhiy Tihipko, 54 ans, a fait toute une partie de sa carrière dans la banque -il fut le directeur de la Banque nationale d'Ukraine- avant de s'investir en politique. Ministre de l'Economie puis des Affaires sociales dans différents gouvernements, Tihipko, qui est également passé par le poste de vice-Premier ministre, a été un proche du président déchu Viktor Ianoukovitch, dont il fut le directeur de campagne lors de l'élection présidentielle de 2004.

Crédité de près de 9% des intentions de vote selon les derniers suffrages, ce qui fait de lui le troisième homme de cette élection, ce candidat indépendant dont la base électorale est située dans l'Est russophone du pays, s'est montré critique vis-à-vis des autorités intérimaires de Kiev, menées par Olexandre Tourtchinov, à qui il reproche leur gestion de la rébellion pro-russe dans l'Est du pays.

Adrienne Sigel