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Pour le numéro 2 de l'Otan, fermer le ciel ukrainien entraînerait "une guerre avec la Russie"

Le secrétaire général délégué de l'Otan a expliqué sur BFMTV qu'une zone d'exclusion aérienne en Ukraine n'était pas possible sans créer une escalade dangereuse en Europe.

L'Otan ne veut pas basculer dans la guerre. Le secrétaire général délégué de l'Alliance, Mircea Geoană, est intervenu sur BFMTV à quelques jours d'un sommet exceptionnel.

"Nous allons continuons à aider les Ukrainiens du point de vue militaire, du point de vue de la résilience, du point de vue financier, humanitaire. Mais on doit trouver un juste équilibre pour ne pas transformer une guerre déjà tellement brutale en une guerre entre la Russie et l'Otan", explique-t-il sur notre antenne.

Il ajoute ainsi qu'il n'est pas favorable à l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne en Ukraine malgré les demandes répétées du président Volodymyr Zelensky. "Si on imposait un couvre-feu dans le ciel de l'Ukraine, ça serait une guerre avec la Russie", assure Mircea Geoană.

Les armes chimiques préoccupent l'Otan

Il a profité de l'occasion pour saluer "l'héroïsme" du président Zelensky ainsi que de son peuple. Selon lui, la résistance de l'armée ukrainienne est liée à l'Otan. "On a entraîné l'armée depuis 2014. L'Ukraine a une armée de type Otan et la Russie a toujours une armée de type post-soviétique", déclare-t-il, alors que 10.000 soldats envoyés par Moscou pourraient avoir perdu la vie depuis le début du conflit.

Mircea Geoană a par ailleurs fait part de la "préoccupation" de l'Otan concernant l'utilisation d'armes chimiques par la Russie en Ukraine. Selon lui, une déclaration des Alliés sur le sujet aura lieu jeudi après le sommet, et devrait mettre en avant des "conséquences graves" contre Moscou si jamais cette ligne rouge était franchie. Les sanctions en question ne seront cependant pas dévoilées en avant pour garder une "ambiguïté stratégique".

Enfin, le numéro 2 de l'Otan a critiqué la Biélorussie, "complice de cette guerre illogique et barbare". De ce pays, "des attaques sont lancées contre le peuple ukrainien, y compris sur les civils", dénonce-t-il. Si jamais Minsk venait à envoyer des soldats contre Kiev, l'Otan promet une "isolation internationale" calquée sur celle infligée à la Russie depuis le début du conflit.

Anthony Audureau