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Pédophilie: pour le pape, une démission de Barbarin serait "un contresens"

Archevêque de Lyon depuis 2002, le cardinal Barbarin est mis en cause pour ne pas avoir dénoncé des affaires de pédophilie et d'agressions sexuelles qui se sont passées dans son diocèse.

Alors que les affaires de pédophilie se multiplient au sein de l'Eglise catholique, le pape François a estimé qu'une démission du cardinal Philippe Barbarin, mis en cause pour ne pas avoir dénoncé des affaires de pédophilie et d'agressions sexuelles dans son diocèse de Lyon, serait "un contresens", "une imprudence". "On verra après la conclusion du procès. Mais maintenant, ce serait se dire coupable", a considéré le pape François dans un entretien à paraître mardi dans La Croix , et dont une partie est déjà en ligne sur le site du quotidien.

Dans cet entretien, le souverain pontife déclare encore:

"D'après les éléments dont je dispose, je crois qu'à Lyon, le cardinal Barbarin a pris les mesures qui s'imposaient, qu'il a bien pris les choses en main. C'est un courageux, un créatif, un missionnaire. Nous devons maintenant attendre la suite de la procédure devant la justice civile".

Parmi d'autres responsables religieux, le cardinal Barbarin, l'une des personnalités les plus influentes de la hiérarchie catholique française, est ciblé par deux enquêtes pour "non dénonciation" d'agressions sexuelles commises sur de jeunes scouts entre 1986 et 1991 par un prêtre, le père Bernard Preynat. Ce dernier, en activité jusqu'en août 2015, a été inculpé le 27 janvier après avoir reconnu les faits. L'association La parole Libérée reproche à Mgr Barbarin de ne pas avoir dénoncé ses actes à la justice, alors qu'il en était informé depuis 2007.

Archevêque de Lyon depuis 2002, Mgr Barbarin nie avoir couvert de tels faits mais a admis le 25 avril "des erreurs dans la gestion et la nomination de certains prêtres".

"Il n'est pas facile de juger des faits après des décennies"

Plus largement, concernant la pédophilie, le pape François a souligné qu'"il n'est pas facile de juger des faits après des décennies, dans un autre contexte". Et d'insister en citant son prédécesseur:

"La réalité n'est pas toujours claire. [...] Mais pour l'Église, en ce domaine, il ne peut y avoir de prescription. Par ces abus, un prêtre qui a vocation de conduire vers Dieu un enfant le détruit. Il dissémine le mal, le ressentiment, la douleur. Comme avait dit Benoît XVI, la tolérance doit être de zéro".

Secouée depuis plusieurs mois par des scandales de pédophilie et d'agressions sexuelles, l'Église de France a annoncé le 12 avril une série de mesures visant à faire "la lumière" sur les actes de pédophilie dans ses rangs, y compris sur les faits les plus anciens.

La Conférence des évêques de France (CEF) a ainsi décidé de créer des cellules d'écoute dans chaque diocèse et de mettre en place une "commission nationale d'expertise indépendante" pour conseiller les évêques face à de telles affaires.

la rédaction avec AFP