BFMTV

Merkel et Hollande sont en Ukraine  pour présenter un plan de paix

Les deux dirigeants, ici à la marche du 11 janvier, vont se rendre ensemble à Kiev et à Moscou.

Les deux dirigeants, ici à la marche du 11 janvier, vont se rendre ensemble à Kiev et à Moscou. - Philippe Wojazer - AFP

Les deux dirigeants européens se sont rendus ensemble à Kiev, avant d'aller à Moscou, pour faire adopter un nouveau cessez-le-feu aux dirigeants des deux pays. Une dernière chance pour la paix, alors que les Etats-Unis envisagent d'armer l'Ukraine, laissant craindre une escalade avec la Russie.

MISE A JOUR - La réunion de travail entre Petro Porochenko, François Hollande et Angela Merkel s'est achevée jeudi soir vers 21h30. Les différentes parties espèrent désormais obtenir un cessez-le-feu.

L'Ukraine et Petro Porochenko ce jeudi, puis la Russie et Vladimir Poutine vendredi: François Hollande et Angela Merkel sont arrivés cet après-midi à la frontière est de l'Europe pour tenter une nouvelle fois d'apaiser la situation. Objectif: mettre un terme au conflit entre les deux pays, qui a déjà fait plus de 5.300 morts en près de dix mois, en faisant adopter un texte composé par les équipes diplomatiques des deux côtés du Rhin.

Les deux dirigeants ont pris l'avion dès la fin de la conférence de presse de François Hollande, où le président français a accordé une place importante aux sujets internationaux. Il y a notamment confirmé l'importance de "l'intégrité territoriale" de l'Ukraine, refusant de reconnaître l'annexion de l'Est du pays par la Russie.

L'Otan salue "un bel effort" et renforce ses troupes

Reste à savoir quelles garanties la Russie pourrait donner à l'Europe: de nombreux cessez-le-feu ont été signés sans être respectés pour autant depuis le début du conflit. Moscou maintient que les rebelles pro-russes agissent de façon indépendante, et se dit incapable de leur imposer un cessez-le-feu.

Cette initiative franco-allemande, la plus importante depuis le début de la crise, a notamment été saluée par l'Otan comme un "nouvel effort". Mais l'organisation de défense paraît déjà prête à une solution plus musclée. Elle a décidé ce jeudi de renforcer ses forces dans l'Est de l'Europe de 5.000 hommes. "C'est une réponse aux actions agressives de la Russie, qui a violé la loi internationale et annexé la Crimée", a affirmé sans détour le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg.

Les Etats-Unis veulent "mettre un terme" à "l'agression russe"

Ces forces resteront stationnées en dehors des pays de l'ex-Union Soviétique, mais pourraient être déployées rapidement. Après plusieurs victoires des forces pro-russes, les Etats-Unis ont même évoqué l'idée d'armer directement le gouvernement pro-Occidental. Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, était à Kiev jeudi matin, où il a annoncé que la Russie devait "mettre un terme" à "l'agression russe". "Les Etats-Unis ne cherchent pas le conflit avec la Russie. Personne. Ni le président (ukrainien) Petro Porochenko, ni les Etats-Unis, ni les Européens", a toutefois souligné le secrétaire d'Etat américain. "Nous voulons une résolution pacifique" du conflit en Ukraine, a-t-il poursuivi.

Si les Etats-Unis réfléchissent à armer l'Ukraine, la France rejette, pour l'heure, catégoriquement cette option. "La France ne rentre pas dans le débat sur la fourniture des armes à l'Ukraine", a déclaré François Hollande jeudi matin, tout en reconnaissant que "l'option de la diplomatie ne peut être prolongée indéfiniment". De son côté, la Russie a prévenu: la livraison d'armes létales américaines à Kiev portera un "préjudice colossal" aux relations entre la Russie et les Etats-Unis, a averti jeudi le porte-parole de la diplomatie russe Alexandre Loukachevitch.

Joseph Sotinel avec AFP