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Silvio Berlusconi jugé pour corruption de sénateur

Silvio Berlusconi après l'annonce de son expulsion du Sénat, le 27 novembre 2013, à Rome.

Silvio Berlusconi après l'annonce de son expulsion du Sénat, le 27 novembre 2013, à Rome. - -

Près de trois mois après son expulsion du Sénat, le Cavaliere est de retour devant la justice italienne pour une affaire de corruption de sénateur.

Nouveau rendez-vous au tribunal pour le Cavaliere. L'ancien président du Conseil italien Silvio Berlusconi est jugé depuis ce mardi à Naples pour corruption de sénateur. Le procès s'est ouvert peu après 9h30 en l'absence du principal intéressé, représenté par ses avocats.

Silvio Berlusconi est accusé d'avoir "acheté" en 2006 un sénateur de gauche pour qu'il passe dans son camp et facilite la chute du gouvernement de Romano Prodi.

Trois millions d'euros

Selon le parquet, il aurait offert, par l'intermédiaire d'un de ses bras droits, Valter Lavitola, lui aussi jugé à Naples, trois millions d'euros à Sergio de Gregorio, élu sur une liste du parti "l'Italie des valeurs" de l'ancien juge anti-corruption Antonio di Pietro. Les deux premières audiences de mardi et mercredi devaient être brèves et essentiellement consacrées à des actes de procédure.

La récusation de la présidente de la 4e chambre du tribunal de Naples en raison d'un conflit d'intérêts, puis le renvoi devant une autre section, devaient être examinés mardi. Mercredi, il sera question de la constitution de partie civile du Sénat, une décision rare prise par Pietro Grasso, le président de la chambre haute italienne, qui a justifié son geste en évoquant un "devoir moral".

A la barre, des figures de la vie politique italienne

Parmi les témoins appelés à la barre par l'accusation, figurent d'anciens poids lourds de la politique italienne, tels Romano Prodi et Antonio di Pietro, mais également deux ex-sénateurs qui avaient été approchés par les émissaires du Cavaliere.

Lors de l'enquête préliminaire au procès, De Gregorio avait expliqué aux enquêteurs avoir reçu du Cavaliere deux millions d'euros en liquide, en plusieurs versements, et un million supplémentaire sur le compte de son mouvement politique, "Italiens du monde". Pour la défense, les avocats de Berlusconi devraient quant à eux faire valoir que la corruption de sénateur n'existe pas, chaque parlementaire étant en théorie libre de son vote.

Toujours présent sur la scène politique

Le 27 novembre, le Cavaliere a été déchu de son mandat de sénateur, une première après vingt ans passés au Parlement, à la suite d'une condamnation définitive à un an de prison pour fraude fiscale. En raison de son âge -77 ans-, Silvio Berlusconi ne devrait pas effectuer sa peine derrière les barreaux mais être soit assigné à domicile, soit contraint d'effectuer des travaux d'intérêt général. La justice doit se prononcer à ce sujet vers la mi-avril.

Mais son éviction du Parlement ne l'empêche pas de peser sur la vie politique italienne. Alors qu'une partie de ses ex-fidèles ont choisi de rester sous la bannière d'un parti le "Nouveau centre droit", au sein du gouvernement de "large entente" d'Enrico Letta (centre gauche), il a de son côté refondé son parti, Forza Italia, et est passé dans l'opposition.

Toujours incontournable - Forza Italia est actuellement crédité d'un quart des voix -, Silvio Berlusconi a ainsi été le premier membre de la droite que le nouveau chef du Parti démocrate (gauche) Matteo Renzi a rencontré après sa nomination, afin de négocier une réforme de la loi électorale.

A.S. avec AFP