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Italie: la course contre la montre de Letta pour former un gouvernement

Enrico Letta devra faire preuve de diplomatie pour construire sa coalition.

Enrico Letta devra faire preuve de diplomatie pour construire sa coalition. - -

Enrico Letta, désigné pour former un nouveau gouvernement, a mené jeudi des consultations politiques éclair pour former au plus vite un exécutif alliant gauche et droite. L'objectif: permettre à l'Italie de sortir enfin du blocage politique.

Des consultations tous azimuts pour espérer sortir l'Italie de la crise politique. Enrico Letta, choisi mercredi par le président Giorgio Napolitano, a rencontré à la Chambre des députés des responsables de toutes les forces politiques représentées au Parlement.

Cette figure de la gauche modérée s’est notamment entretenu avec des représentants du Peuple de la Liberté (PDL) de Silvio Berlusconi et de sa propre formation le Parti démocrate (PD), ainsi que des partisans du chef de gouvernement sortant Mario Monti.

C'est à partir de ces trois forces jusqu'ici rivales qu'il devra construire une majorité au Parlement afin de pourvoi obtenir un vote de confiance. En sortant de ses entretiens avec Enrico Letta, le secrétaire du PDL Angelino Alfano a souligné qu'"il y avait encore des problèmes à régler", ce qui laisse entendre que la formation du gouvernement ne devrait pas intervenir avant le week-end.

Pas d'annonce de gouvernement avant ce weekend end

Enrico Letta, jusqu'ici numéro deux du Parti démocrate (PD, principal parti de gauche), a 46 ans, ce qui ferait de lui l'un des plus jeunes chefs de gouvernement européens s'il mène à bien sa mission. Une mission pour le moins délicate qui consiste à réussir à faire cohabiter au sein d'un même gouvernement des représentants du PD et du PDL qui se détestent cordialement.

"L'alchimie politique de cette expérience est nécessaire mais hasardeuse", pour le quotidien de gauche La Repubblica. "Après presque vingt ans d'affrontement plus ou moins irréductible avec Berlusconi, la gauche est contrainte non seulement à faire des compromis mais à gouverner avec son adversaire".

Concernant le calendrier, l'objectif d'Enrico Letta, selon les médias italiens, serait d'établir d'ici à samedi une liste resserrée des membres du gouvernement (18 ministres dont 12 avec portefeuille) et de demander un vote de confiance lundi à la Chambre et mardi au Sénat.

"Un gouvernement au service du pays"

Si le gouvernement Letta parvenait à passer cet écueil, cela permettrait enfin à l'Italie de sortir du blocage politique issu des élections de février, qui n'ont pas de donné de majorité claire de gouvernement au Parlement. La gauche a la majorité absolue à la Chambre des députés, alors que le Sénat, sans lequel il est impossible de gouverner, est divisé en trois blocs: PD, PDL et M5S.

"Nous soutiendrons tout gouvernement en mesure de faire approuver les projets de loi urgents dont l'Italie a besoin", a promis jeudi Berlusconi, qui milite notamment en faveur de l'abolition de l'impôt foncier sur la résidence principale instauré par le gouvernement sortant de Mario Monti.

Enrico Letta s'est engagé pour sa part à former "un gouvernement au service du pays" avec pour objectif "des réformes institutionnelles pour réduire le nombre de parlementaires, modifier le bicaméralisme et une nouvelle loi électorale", à l'origine de l'impasse actuelle.

Enrico Letta devait terminer ses entretiens en fin de journée avec le Mouvement 5 Étoiles (M5S) de l'ex-humoriste Beppe Grillo, opposant irréductible à toute forme d'alliance de gouvernement avec les partis traditionnels.


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