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Italie: Letta chargé de former un gouvernement par Napolitano

Enrico Letta, numéro deux du Parti démocrate (centre-gauche)

Enrico Letta, numéro deux du Parti démocrate (centre-gauche) - -

Enrico Letta, membre du parti démocrate (centre gauche) s'est vu confier mercredi midi la tâche de constituer une nouvelle équipe gouvernementale alliant forces de centre droit et de centre gauche par le président italien.

Pier Luigi Bersani, ex-numéro un du parti démocrate avait abandonné, son second Enrico Letta s'est vu mercredi matin confier la tâche de constituer une nouvelle équipe gouvernementale alliant forces de centre droit et de centre gauche. Dès jeudi débuteront les discussions avec les autres forces politiques du pays.

Il est considéré comme modéré sur le plan économique mais assez conservateur sur le plan des moeurs. "Il faut changer la direction des politiques européennes [...] En Europe, les politiques d'austérité ne suffisent plus", a-t-il souligné de sa première déclaration, impulsant dès sa première prise de parole à sa sortie du Quirinal un tournant avec la politique menée par Mario Monti depuis 2011.

Indirectement, le président Giorgio Napolitano, réélu en début de semaine contre sa volonté, lui donne la mission de mettre un terme à deux mois de marasme politique dans un pays durement frappé par la crise.

L'âge, 46 ans, de cet ambitieux homme d'appareil, ex-démocrate chrétien et figure relativement effacée du parti, a certainement joué en sa faveur alors que les Italiens ont exprimé une volonté de renouveau de la classe politique, lors des dernières élections.

Non au "governicchio"

Pour sa part, la délégation du mouvement "Cinq étoiles" de l'ancien comique Beppe Grillo avait annoncé une attitude "d'opposition responsable" au sein du parlement, dans une déclaration au ton modéré mais avait refusé un "governicchio", soit un petit gouvernement, un gouvernement a minima.

Le Peuple de la Liberté (PDL) de Silvio Berlusconi avait lui d'ores et déjà fait savoir qu'il soutiendrait le futur gouvernement, de même que les centristes du chef de gouvernement sortant Mario Monti.

La colère de Napolitano

"Un gouvernement de grande coalition est une pilule amère pour le PD", avait rappellé Stefano Folli, du quotidien économique Sole 24 ore. "Un conflit permanent est un luxe que l'Italie ne peut pas se permettre. Il faut un gouvernement de pacification nationale", avait lui analysé Massimo Franco, éditorialiste du Corriere della sera, premier quotidien de la péninsule.

Lundi, tançant vertement tous les élus, Giorgio Napolitano avait appelé dans un discours musclé à une large entente pour diriger le pays. La gauche italienne, qui a remporté la majorité des sièges à la chambre des députés mais pas au Sénat, s'était systématiquement opposée à une entente avec la droite de Silvio Berlusconi.