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Elections en Italie : Monti, "Super Mario" ne joue plus

Mario Monti, le Premier ministre italien

Mario Monti, le Premier ministre italien - -

Mario Monti "est monté en politique" en décembre dernier pour contrer le retour de l’homme qu’il accuse d’avoir "tourné le pays en ridicule" : Silvio Berlusconi. Pour cela il a sacrifié son image élogieuse de grand intellectuel.

Il Professore. Le professeur. Ce surnom résume Mario Monti. A 69 ans, brillant économiste italien, ancien Commissaire européen et membre du FMI, il conseillait dans l'ombre et n’aspirait en rien à une carrière politique. Et pourtant, par la force des choses, il est devenu "Super Mario".

Poussé il y a quinze mois par la situation désastreuse de l’Italie à prendre la tête d’un gouvernement voué à réduire les déficits et à appliquer des mesures drastiques, forcément impopulaires (réforme des retraites, fiscalité en hausse), il est forcé ce week-end à présenter du bout des lèvres une coalition centriste à l’occasion des élections générales.

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Le conseiller com' d'Obama

Allure sérieuse, quasi austère, cheveux gris et fines lunettes sans monture, Mario Monti cultive le secret et ne cache pas qu’il appartient à des cercles fermés en haut lieu. Son appartenance au Groupe Bilderberg, qui rassemble une centaine d'hommes politiques, financiers, banquiers de toute la planète, a contribué aussi à une image de puissant technocrate éloigné des préoccupations du peuple. Il aurait d’ailleurs pris récemment conseil auprès de David Axelrod, monsieur com’ de Barack Obama, qui lui aurait dit de durcir le ton et de se montrer plus emphatique avec le quidam.

Catholique pratiquant, marié depuis 42 ans et père de deux enfants, Mario Monti "est monté en politique" en décembre pour contrer le retour de l’homme qu’il accuse d’avoir "tourné le pas en ridicule" : Silvio Berlusconi. Il doit en assumer les conséquences, faire face au désamour de ses administrés pour la chose politique et ses hommes et modifier ses habitudes. Le temps passé au pouvoir dans un rôle de sauveur, n’y change rien.

"Regardez comme il est doux"

Pour exister politiquement, Mario Monti est plus présent, très présent même, dans les médias et sur les réseaux sociaux. Pour contrer, encore et toujours Berlusconi, son opposant favori pour qui il avait pourtant voté au milieu des années 90 dans une des nombreuses stratégies d’alliances qui régissent la politique italienne.

Ce week-end d'ailleurs, il n'est qu'un outsider derrière la gauche de Pierluigi Bersani et la droite de Silvio Berlusconi. Il pourrait s'associer au premier si les résultats l'y contraignent.

En attendant, le recteur honoraire de la prestigieuse université milanaise Bocconi balance. Il craint que son laborieux travail à la tête de l’Italie soit déconstruit. "Les gouvernements de centre gauche et centre droit avaient laissé pourrir la situation", a-t-il lancé récemment avant de, influence du spin doctor américain oblige, s’émouvoir sur un plateau télé pour un chien reçu en cadeau. "Regardez comme il est doux", a commenté Mario Monti. Ce n’est pas son cas à lui.