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Elections en Italie : entre économie et barrage à Berlusconi

Le drapeau italien à Rome

Le drapeau italien à Rome - -

Sur fond de récession économique, l'Italie vote dimanche et lundi pour élire son Parlement composé de la Chambre des députés et du Sénat. Comme à l'habitude, les observateurs craignent qu'une majorité fragile conduise à des alliances contraintes.

La dure parenthèse du gouvernement technocratique conduit par l’économiste Mario Monti s’achève ce week-end en Italie avec des élections générales qui pourraient une nouvelle fois redistribuer les cartes dans la botte. Même la Bourse de Milan tremble en spéculant sur les conséquences de l’incertain scrutin. Surtout, moins de quinze mois après la reprise en main de l’Etat, les sacrifices de la population italienne n’ont que trop peu influé sur une situation économique bancale et un taux de chômage en hausse (36,6% pour les jeunes de 15-24 ans).

Selon les sondages, le centre gauche de Pierluigi Bersani bénéficie d'une légère avance sur la droite du revenant Silvio Berlusconi dont la remontée a été quelque peu ralentie par l’annonce de la renonciation du pape Benoît XVI. Il Cavaliere en vieux routier, et propriétaire d’un empire télévisuel, avait multiplié les apparitions à l’écran conduisant, contrairement à ses premières annonces, le démissionnaire Mario Monti à se lancer dans la course.

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Le Coluche italien en arbitre du scrutin

Pourtant, à la tête d’une coalition centriste "Avec Monti pour l’Italie" dont il refuse à moitié le leadership, l’actuel Premier ministre n’est même pas la troisième force de cette élection. La place d’arbitre est occupée par l’humoriste Beppe Grillo, sorte de Coluche transalpin à la tête du Mouvement 5 étoiles, qui bénéficie du désamour des Italiens pour les hommes politiques traditionnels et de bons résultats aux élections locales de 2012. Surtout que, taxé de populisme par ses adversaires, il pique dorénavant autant de voix à la droite qu’à la gauche.

Car l’enjeu est le suivant, le scrutin législatif met en jeu pour cinq ans 630 postes de députés et 315 de sénateurs qui choisiront le patron du futur gouvernement. Mais le mode de scrutin italien complique le tableau entre proportionnelle et primes à la première place. Créditée d’environ 33% des suffrages, la gauche de Bersani devrait empocher la chambre basse puisque les règles électorales italiennes lui offre une "prime majoritaire". Mais c’est à la chambre haute que l’affaire se corse.

Les électeurs votent dans 26 circonscriptions pour la Chambre des députés mais dans 20 régions administratives pour le Sénat. Résultat, l’on se retrouve souvent dans une situation "à l’américaine", avec des régions susceptibles de faire basculer les majorités, donc la prime, ce qui conduit à des alliances pas toujours recommandables.

Un barrage contre Berlusconi

Ironie du sort, ces fameuses primes qui influent tant sur le résultat final sont censées garantir une stabilité gouvernementale et politique d’autant que les deux chambres ont un pouvoir équivalent en Italie. Cette double majorité, qui inquiète les marchés et l’Europe, serait le pire des scénarios pour une Italie très fragile.

Mais en cas d'impasse, un pacte, de raison plus que d’amour, est envisagé entre la gauche de Pierluigi Bersani et le centre du rassurant Mario Monti. Et ainsi faire barrage à l’ennemi commun Silvio Berlusconi.