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Gênes: sous le pont Morandi, un quartier devenu fantôme

A Gênes, le quartier situé sous le viaduc Morandi a été complètement déserté. Ses habitants ont été relogés, et ne peuvent plus accéder à leur ancienne maison, la zone étant considérée comme trop dangereuse.

Une zone sous étroite surveillance. Depuis l'effondrement du viaduc Morandi le 14 août dernier, à Gênes, les rues du quartier d'habitations situé sous le pont sont devenues désertes. Les familles ont été contraintes de quitter leur maison, pour être provisoirement relogées ailleurs.

Quartier bouclé

Ces derniers jours, les habitants ont été autorisés à venir récupérer quelques affaires, mais se sont vus interdire de rester trop longtemps dans cette zone, sous étroite surveillance.

Mais des bruits suspects de craquement entendus dans la nuit de dimanche à lundi par des riverains, laissant craindre une rupture des débris, ont poussé les autorités à renforcer cette interdiction d'accès. Le quartier est désormais bouclé: la zone rouge délimitant un périmètre de sécurité autour du site est interdite, y compris pour les secours, en attendant des vérifications. Pour les habitants du quartier rencontrés sur place par BFMTV, c'est un véritable déchirement.

"On est venus chercher quelques affaires mais ils ne nous ont pas laissé passer car c'est dangereux. Je me sens détruite. C'est comme si une partie de mon coeur était restée dans cette maison", témoigne Cinzia Marchese, qui habitait sur place. Cinizia repart avec une valise vide chez les amis qui la logent en attendant. 

Marco et Francesca venaient d'acheter un appartement sous le pont. En plein déménagement, ils ont dû reporter leur projet. "On dirait qu'il y a eu la guerre. C'est triste de voir un lieu aussi vivant, une voie aussi fréquentée, dans cette situation aujourd'hui", déplore-t-il.

Encore sous le choc

Tous sont encore choqués par l'effondrement du viaduc et restent inquiets aujourd'hui. "On dit que le pont s'est abaissé de 30 centimètres. On ne sait pas si c'est vrai mais quand on le regarde ce n'est pas très rassurant", s'inquiète Marinella Gestro, une résidente. 

Pour les autorités publiques, la prudence est de mise. "On attend que les pompiers donnent leur feu vert pour rouvrir la voie aux habitants. On attend qu'ils garantissent la stabilité du pont qui reste", fait valoir Pietro Piciocchi, adjoint à la mairie de Gênes.

La plupart des 600 habitants évacués seront transférés dans un autre quartier, situé à une dizaine de kilomètres au nord de Gênes. Quarante-cinq appartements y sont prêts pour les accueillir.

A.S. avec Clothilde Hazard et Juan Palencia