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Berlusconi, l'éternel retour

Silvio Berlusconi, le retour

Silvio Berlusconi, le retour - -

Donné pour mort politiquement depuis des mois, l'ex-chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a entrepris un énième come-back politique, en dépit de sondages désastreux.

Il revient. L'insubmersible Silvio Berlusconi a annoncé samedi son énième retour en politique. En France, les éditorialistes se déchaînent déjà, s'alarmant d'un "Au secours, il revient!" ou "Il ressurgit d'entre les morts". Libération titre ce lundi sur "Le retour de la momie". Remise en selle, retour d'entre les morts, les métaphores expriment toutes l'improbable réapparition d'un homme tellement couvert de casseroles judiciaires et politiques qu'on le croyait fini. Retour sur le cas Berlusconi.

2011, année noire

En novembre 2011, le départ du Cavaliere marque l'épilogue d'une année noire.

Son parti du Peuple de la Liberté (PDL, centre-droit) perd largement les élections municipales en mai, y compris son fief de Milan et il subit un revers lors d'un référendum portant, entre autres, sur son immunité judiciaire.

Au plus fort de la crise financière qui menace une Italie au bord de l'asphyxie, à l'été 2011, il obtient de peu une majorité absolue pour plusieurs votes de confiance successifs sur des plans d'austérité.

En novembre, la défection de trois députés des rangs du PDL lui fait perdre la majorité absolue. Il annonce sa démission le 8 novembre.

"Rubygate" et racket

Silvio Berlusconi reste présent sur la scène médiatique, mais dans la chronique judiciaire. Il bénéficie en février d'une prescription dans l'affaire Mills - corruption de témoin - et en juin dans le volet romain de l'affaire Mediatrade - soupçon de fraude fiscale.

Mais il ne parvient pas à se défaire du scabreux "Rubygbate" - prostitution de mineure -, où il nie les accusations. Le Cavaliere dément également en septembre tout racket, qui l'aurait conduit à verser de l'argent à la mafia sicilienne pour assurer sa sécurité dans les années 1970.

Berlusconi, donné mort politiquement

Silvio Berlusconi est donné pour mort politiquement lorsqu'il annonce le 24 octobre renoncer à se présenter à la tête du gouvernement, par "amour de l'Italie".

Nouveau couperet judiciaire deux jours plus tard avec une condamnation à quatre ans de prison pour fraude fiscale dans l'affaire Mediaset, peine réduite de facto à un an grâce à une amnistie et tout de suite contestée en appel.

>> A LIRE AUSSI : Mediaset : la peine de Berlusconi pour fraude fiscale réduite de 4 à 1 an

Habile à se poser en victime dans ses divers procès pour corruption et fraude fiscale, Silvio Berlusconi a été condamné à plusieurs reprises en première instance, mais jamais définitivement.

Moins de 14% dans les sondages

Fin octobre, le PDL perd son fief historique de Sicile, le premier parti de l'île devenant le mouvement contestataire "Cinque Stelle". Le retour du Cavaliere coïncide avec l'annonce de la démission de Mario Monti dès que le budget aura été adopté.

Un sondage de l'Institut SWG publié vendredi le crédite de moins de 14% (13,8%) au prochain scrutin national, alors qu'il avait triomphalement remporté celui de 2008 avec 38%.