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Poursuivi pour avoir publié des noms d’évadés fiscaux

Capture de "Hot Doc", le journal qui a publié la "liste Lagarde"

Capture de "Hot Doc", le journal qui a publié la "liste Lagarde" - -

Alors que la Grèce connaît une vive polémique sur l'évasion fiscale des plus riches, un journaliste est inquiété pour avoir justement dénoncé des fraudeurs.

Twitter en parlait avant même son arrestation. C’est dans la journée de dimanche que le journaliste Kostas Vaxevanis a été arrêté, puis libéré après avoir comparu lundi devant la cour pénale d'Athènes, où il devait être jugé en flagrant délit pour violation de la vie privée.

Comptes en Suisse

Son tort ? Avoir publié dans son journal Hot doc une liste comprenant 2.059 noms d'individus présumés détenteurs de comptes bancaires suisses. La liste renferme des noms d'entrepreneurs, d'avocats, d'armateurs, de médecins, d'anciens hommes politiques ou leurs proches, mais aussi des "femmes au foyer" ou des noms qui ne sont accompagnés d'aucune mention de profession.

Dévoilée samedi, cette liste provoque une très vive polémique dans le pays qui vit depuis trois ans une cure d'austérité sans précédent.

La liste "égarée"

Ces noms sont issus de la liste transmise en 2010 au gouvernement grec par Christine Lagarde, à l'époque ministre française des Finances, d'où son surnom de "liste Lagarde". Elle est issue des documents révélés par un employé de la banque HSBC en Suisse. Le journaliste grec indique l’avoir reçue par lettre anonyme.

Le ministre grec des Finances de l'époque, George Papaconstantinou, qui était le destinataire initial de la liste, a affirmé mercredi devant le Parlement que cette liste avait tout simplement été… perdue.

Le ministre actuel des Finances, Yannis Stournaras, a donc expliqué en avoir redemandé une copie à la France.

Atteinte à la liberté de la presse

"Au lieu de lutter contre les crimes des fraudeurs de fisc, la justice s'occupe de moi alors que j'ai fait mon devoir, mon devoir de transparence", a déclaré lundi le Kosra Vaxevanis, dénonçant une grave atteinte à la liberté de la presse.

Dimanche, Reporters sans Frontières (RSF) s'est ému de cette procédure excessive, encourageant le "blackout que les autorités semblent vouloir imposer au traitement de cette affaire certes sensible mais d’un intérêt public incontestable."

De son côté, le journaliste grec s'est vu accorder un délai de trois jours par la cour. Son procès aura donc lieu jeudi.