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Catalogne: Puigdemont demande une séance plénière du parlement catalan pour répondre à Madrid

Le président de la région Catalogne Carles Puigdemont, le 21 octobre 2017 à Barcelone.

Le président de la région Catalogne Carles Puigdemont, le 21 octobre 2017 à Barcelone. - Ruben Moreno Garcia - Generalitat de Catalunya - AFP

Le leader indépendantiste a dénoncé ce samedi "la pire attaque envers la constitution catalane (...) depuis Franco".

Carles Puigdemont a dénoncé ce samedi soir "la pire attaque envers la constitution catalane (...) depuis Franco", après les déclarations plus tôt dans la journée du Premier ministre espagnol Mariano Rajoy. Celui-ci a notamment demandé au Sénat, via l’article 155 de la Constitution, de destituer le gouvernement catalan afin de convoquer de nouvelles élections.

Le président de la Generalitat, qui s’est tour à tour exprimé en catalan, en espagnol et en anglais, a demandé au parlement de sa région la convocation d’une séance plénière afin de "débattre et décider" comment répondre à Madrid, face à ce qu’il dénonce comme une "atteinte à (leur) démocratie".

Des décisions "incompatibles avec l'Etat de droit"

Carles Puigdemont a décrit les décisions du chef du gouvernement espagnol comme "incompatibles avec une attitude démocratique, (...) incompatibles avec l’Etat de droit". "Ce que les catalans ont décidé par les urnes, le gouvernement espagnol l’annule dans les bureaux", a-t-il estimé.

Le leader indépendantiste a assuré que Madrid "piétin(ait) l’expression populaire exprimée en septembre 2015 et (...) les droits des élus qui ont choisi le président de la Generalitat (gouvernement catalan, ndlr)" et "s’auto-proclam(ait) de façon illégitime en tant que représentant de la volonté des catalans, sans passer par les urnes".

Carles Puigdemont a par ailleurs critiqué le roi Felipe VI, qui a dénoncé vendredi une "inacceptable tentative de sécession" de la Catalogne.

"Ce n’est pas la première fois qu’avec l’aide du roi, les institutions catalanes reçoivent un coup dur de la part du gouvernement espagnol afin de les réduire ou de les supprimer", a-t-il ajouté.

"Une marche arrière monumentale"

En espagnol, le chef du gouvernement catalan s’est ensuite adressé à "tous les démocrates espagnols". "Criminaliser les dissidents, nier la réalité et bâtir des murs face à la volonté citoyenne, si tout cela gagne du terrain, cela va atteindre la démocratie et la vie des citoyens. Cela générera une marche arrière monumentale", a prévenu Puigdemont.

Il a aussi parlé en anglais aux "citoyens européens", assurant que "l’indépendance (n’était) pas un crime" et que la Catalogne "respect(ait) l’Union Européenne". "Nous faisons ce que nous faisons parce que nous croyons en une Europe de paix et de démocratie", a-t-il assuré.

La séance plénière du parlement demandée par Carles Puigdemont devra se tenir avant vendredi prochain, date à laquelle le Sénat doit se réunir pour destituer le gouvernement catalan.

Liv Audigane