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Catalogne: les médias locaux excédés par l'ingérence de Madrid

Dans les locaux de TV3.

Dans les locaux de TV3. - BFMTV

Parmi les mesures annoncées samedi par le gouvernement espagnol pour empêcher la sécession de la Catalogne, la prise de contrôle des médias publics catalans. Une mesure qui ne passe pas auprès des journalistes.

Dans les rédactions catalanes, l'annonce a fait l'effet d'une bombe. Samedi, le gouvernement espagnol a fait savoir qu'il prendrait des mesures draconiennes pour empêcher la sécession de la Catalogne, destituant le gouvernement, plaçant le parlement sous tutelle, et prenant le contrôle de la police et des médias publics. Autrement dit, la télévision TV3 et la radio Catalunya seront reprises en main par Madrid.

Accusations de partialité

Auprès des journalistes de ces antennes locales, la mesure ne passe pas, tout comme les allégations du pouvoir central, qui les accuse de partialité et de propagande indépendantiste dans la crise catalane

Du côté de TV3, la télévision du service public, les membres de la rédaction rejettent ces affirmations en bloc, et se disent prêts à résister, en continuant d'informer la Catalogne. 

"Nous respectons les critères de pluralité absolue et de déontologie, ainsi que la rigueur de l'information. Nous expliquons la réalité telle qu'elle est. C'est tout cela qui nous a donné la crédibilité et l'audience que l'on a aujourd'hui", assure au micro de BFMTV Ramon Pellicer, présentateur phare de la chaîne TV3.

Inquiétude chez les journalistes

Mais rien ne peut désormais empêcher le pouvoir de Madrid de mettre la main sur la chaîne catalane. Inquiets, les journalistes se demandent comment cette annonce va se traduire dans les faits. 

"Ce qui nous inquiète le plus, c'est le contrôle du budget. Et comme nous dépendons de l'argent public, sans argent, on ne peut pas fabriquer de l'information de qualité", fait valoir Yolanda Marzabal, reporter chez TV3.

Aucun contact n'a pour le moment été pris par le gouvernement espagnol. Le directeur de TV3, Vicent Sanchis, se montre serein. "La seule chose que nous pouvons faire pour résister, c'est continuer à travailler. Et s'ils nous en empêchent, on verra bien. Mais ce sera très difficile d'empêcher 2.000 employés de la télévision publique catalane de travailler. Très très difficile...", martèle-t-il. 

L'ensemble de la rédaction de la chaîne estime que cette tentative de prise de contrôle par Madrid est une atteinte à la liberté d'expression et à la liberté de la presse, et contraire aux fondements démocratiques. 

A.S. avec Igor Sahiri et Joao Alencar